Ils auraient menacé de bloquer le parlement s’ils seraient exclus du dialogue : le FLN et RND apportent un démenti

Ils auraient menacé de bloquer le parlement s’ils seraient exclus du dialogue : le FLN et RND apportent un démenti

Des responsables du FLN et du RND ont démenti catégoriquement les affirmations d’un quotidien arabophone, hier, et selon lesquelles les dirigeants de ces partis auraient menacé, dans un courriel adressé à Karim Younès, coordinateur du Panel de dialogue et de médiation, de bloquer les travaux du Parlement si ces deux formations politiques seraient exclues du dialogue national de sortie de crise.

Karim Younès avait refusé, vendredi dernier, d’associer les partis qui ont soutenu un cinquième mandat pour l’ex-président Bouteflika, dans la conduite du dialogue que compte superviser le Panel, en vue d’une sortie de la crise politique en cours depuis six mois. Dans son édition d’hier, le quotidien national «El-Khabar» a affirmé que le FLN et RND, ainsi que leurs alliés au sein de la défunte Alliance présidentielle (TAJ et MPA), auraient fait savoir leur désapprobation au coordinateur du Panel pour ces déclarations, mettant en garde contre leur exclusion d’une telle démarche.

Le quotidien, qui n’a pas cité des sources, a écrit que ces partis ont fait clairement savoir qu’ils ne comptent pas rester les bras croisés si le dialogue se déroulerait sans eux et qu’ils pourraient envisager toutes les possibilités, dont celle de profiter de leur majorité à l’APN et au Sénat pour bloquer tout projet de loi ils ne seraient pas associés dans son élaboration. Selon la même source, le courriel adressé par le FLN et le RND a laissé entendre qu’il n’est pas question de consentir d’autres concessions, après avoir cédé, juillet dernier, la présidence de l’APN à Slimane Chenine, député de l’opposition (Alliance Nahda-Adala-Bina), une première dans l’histoire de l’institution législative algérienne.

Contactés, hier, par le Courrier d’Algérie, deux cadres du FLN, Abderrahmane Balayat et Abdelouahab Benzaïm, ont tenu à démentir ces informations, alors que d’autres responsables du même parti n’ont pas souhaité commenter ses informations. Abderrahmane Balayat a déploré les appels à l’exclusion du FLN, « parti du pouvoir », comme il aime toujours à le répéter, soulignant que « personnes n’a aujourd’hui l’autorité d’exclure le FLN de quelque démarche ou dialogue » qu’entreprendrait l’Etat.

De son côté, le secrétaire général du RND, Azzedine Mihoubi, a réagi hier dans l’après-midi, en rejetant catégoriquement les informations rapportées par le quotidien national. « Une information dénuée de toute véracité a été rapportée par un journal aujourd’hui [hier, NDLR], selon laquelle le RND et un autre parti ont menacé de bloquer le Parlement s’ils seraient exclus du dialogue national. En tant que secrétaire général par intérim du RND, je démens catégoriquement que le parti aurait envisagé cette possibilité, et je renouvelle mon soutien aux efforts du Panel et ma disposition à concrétiser ses résolutions », a tweeté hier Mihoubi.

Depuis le soulèvement populaire du 22 février, des appels ont émané de l’opposition, mais aussi d’une très large tranche de la société, pour exprimer la dissolution des partis politiques qui étaient au pouvoir, dont le FLN et le RND en premier lieu, accusés d’avoir provoqué la crise dans laquelle se débat le pays et de retarder son développement.

Mohamed Djemaï, SG du FLN, avait opposé son refus, lors de la session du comité central de parti, aux appels et déclarations d’exclure son parti et de l’éloigner de la vie politique dans le pays. La même position a été aussi partagée par l’ex-ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, qui a exprimé récemment sa disposition à participer aux assises de dialogue national que compte lancer prochainement le Panel de dialogue, en dévoilant même une initiative propre à son parti intitulée « Vers une mutation républicaine ».

À souligner aussi que les deux formations politiques ont opéré récemment un lifting de leurs directions respectives, en installant de nouvelles figures à la place des anciennes, qui se trouvent aujourd’hui emprisonnées pour avoir été impliquées dans de grosses affaires liées à la corruption, dilapidation de deniers publics et abus de fonction.

Hamid Mecheri