Il veut Réorganiser les ports et les aéroports et lutter contre la bureaucratie, Transports : les 12 travaux de Ghoul

Il veut Réorganiser les ports et les aéroports et lutter contre la bureaucratie, Transports : les 12 travaux de Ghoul

5127_slide_1_131004093840.jpgC’est un coup de pied dans la fourmilière que le ministre des Transports vient de donner en annonçant, sans coup férir, des mesures qui risquent de chambouler le secteur qu’il dirige depuis peu.

Entouré de pas moins de six ministres du gouvernement, du SG de la Centrale syndicale UGTA et d’un parterre de représentants du Sénat, de l’APN, de ceux des corps constitués (vice-ministre de la Défense, DGSN, gendarmerie, douanes), du P-DG d’Air Algérie, M. Boultif, ainsi que des SGP et des chefs d’entreprise publique, du patronat et de diverses fédérations syndicales, Amar Ghoul a réussi le pari de réunir, jeudi à l’hôtel El-Aurassi, tout ce beau monde lors d’une journée d’étude autour du thème “Le secteur des transports et le service public”. En bon orateur, il tire sur la corde sensible du rôle que doit jouer l’Algérie, de par sa position géostratégique au Maghreb, en Afrique,  dans le bassin méditerranéen et enfin au plan mondial. Pour cela, dit-il, les infrastructures de base doivent constituer l’élément essentiel pour le développement. Des infrastructures dont pourront bénéficier les citoyens, les touristes, les hommes d’affaires, mais qui feront aussi office de vitrine du pays. “Toutefois, de telles réalisations ne sauraient être effectives sans la conjugaison des efforts de tous. Et c’est justement dans ce sens que la participation de tous les partenaires des différents secteurs est souhaitée. En somme, un partenariat positif”, a-t-il déclaré. Et de citer à l’occasion un dicton japonais : “L’essentiel est de savoir où tu vas, le plus important encore est que nous marchons ensemble.” Il ne veut surtout pas minimiser les acquis du secteur. 4 000 km de réseau ferroviaire qu’il compte étendre à plus de 6 000 km très prochainement et même à 12 500 km dans un moyen terme. Un défi que se lance celui que certains surnomment l’ogre des routes. “C’est un projet pour un continent, mais ce sont là les orientations du Président”, affirme le ministre. Toujours au volet ferroviaire, il annonce l’acquisition prochaine de 57 autorails dont 20 électriques, 30 locomotives diesel et 20 électriques. Un programme qui touche l’ensemble des régions du territoire, précisera-t-il.

Au chapitre métro, l’année 2014 sera fructueuse avec l’extension du réseau à travers toutes les banlieues de la capitale. Le métro ira vers Larbaâ au Sud et ralliera Blida. Les communes de l’est comme de l’ouest de la métropole seront toutes desservies. De Chevalley à Dély-Ibrahim, le métro atteindra Douéra, Zéralda et la ville nouvelle de Sidi-Abdallah. À Oran, les études du métro qui débuteront avec 17 km sont achevées. Le tramway concernera 17 wilayas. Alors que le transport urbain sera réorganisé dans l’ensemble des wilayas du pays, il est question, annonce le ministre, de la réalisation prochainement de 45 nouvelles gares routières en plus des 35 existantes. S’arrêtant sur ce point, Ghoul n’a pas caché son dépit de constater l’anarchie qui règne dans la gestion de ce secteur et, tout particulièrement, les lignes à grande distance. Il insistera sur la réhabilitation des lignes au profit des régions enclavées et qui sont généralement boudées par certains transporteurs, comme il reviendra sur celle des chauffeurs de taxi “conduisant comme bon leur semble avec des tenues loin d’être convenables pour la profession”. Dans ce cadre, il ne manquera pas de pointer son doigt en direction des auto-écoles qui font dans la connivence et la complaisance : “Le permis de conduire n’est pas un simple formalité. La réhabilitation de ce document contribuera certainement à amoindrir les accidents de la route dont l’Algérie occupe malheureusement une place loin d’être enviable.” Mais, c’est à propos de ces camionneurs zélés qu’il n’ira pas avec le dos de la cuillère : “Nous allons mettre fin au désordre généré par ces chauffards sur nos routes, notamment en matière de surcharge. Pour cela, un décret est en cours d’élaboration prévoyant la dotation des services de sécurité de chronotachygraphes et des stations de pesage seront installées dans les ports.”

16 avions et 27 bateaux au menu des acquisitions

Abordant le volet aviation civile et, par ricochet, la compagnie Air Algérie, le ministre s’est tout d’abord adressé aux intervenants à ce niveau, notamment les services des douanes, à faire preuve de grande volonté vis-à-vis d’un service public très sollicité. En matière d’infrastructures portuaires, le ministre a annoncé la réalisation, dès 2014, d’une aérogare d’une capacité de 10 millions de voyageurs par an, une extension à l’aéroport Houari-Boumediène qui accueille actuellement

6 millions de voyageurs ; ce qui augmentera le nombre de ces derniers à 16 millions par an. Cette aérogare sera en principe opérationnelle en 2017. Au passage, le ministre fera un signe au directeur de cet aéroport pour les efforts entrepris dans la gestion de l’établissement pas souvent facile. Dans le même sillage, la capitale de l’Ouest bénéficiera, elle aussi, d’une aérogare d’une capacité de 6 millions de voyageurs par an, comme il est question de la valorisation de 45 plateformes à travers le territoire national. Le ministre n’a pas oublié de saluer les mérites du P-DG d’Air Algérie dans le dialogue et la concertation qui ont présidé au sein de la direction de la compagnie, qui sera prochainement dotée de

16 nouveaux appareils. “Et ce n’est qu’un début”, lance le ministre. À la question de savoir si l’État était favorable à l’ouverture de l’espace aérien au privé, le ministre a reconnu que cette ouverture se fera un jour ou l’autre, mais ne le sera pas au détriment d’Air Algérie. En matière de transport maritime, Ghoul a annoncé l’acquisition prochaine de 27 bateaux dont 25 pour voyageurs et deux pour le transport de marchandises. S’adressant aux responsables de la Cnan, il exhortera ces derniers à faire un bond dans la qualité des prestations. Concernant les infrastructures portuaires, le port de Djen Djen devra, selon le ministre, occuper la place qu’il faut et avoir l’attention qu’il mérite. À noter aussi, la réalisation, au centre du pays, d’un grand port à même de répondre aux aspirations de l’Algérie, mais surtout destiné à alléger l’engorgement de l’actuel. Quant à la gestion du port d’Alger par la DP. World, Ghoul fera savoir que “nous serons plus regardants et nous allons mettre tous les partenaires autour d’une table. On tranchera de manière définitive toutes les questions posées”.

Lutte sans merci contre la bureaucratie

Le coup de pied dans la fourmilière décidé par Amar Ghoul, c’est dans les mentalités qu’il faut le chercher. Et pour cause, il déclare la guerre à la bureaucratie, ce fléau qui a gangréné tous les rouages de l’administration algérienne. “Nous sommes pour le dialogue avec tous les partenaires, mais commençons par éradiquer la bureaucratie. Le service est un devoir, un droit et une responsabilité, car nous sommes tous responsables, comptables et redevables devant la nation et les citoyens. Nous allons, toutefois, sévir, et la bureaucratie doit disparaître. À tout responsable qui continuera à fermer la porte aux autres, nous lui parlerons, l’avertirons avant de lui dire de rentrer chez lui et de fermer sa porte”, dira-t-il. Et d’ajouter : “On ne sous-traite pas sa responsabilité.” En annonçant la création d’un seul guichet dans certaines administrations, notamment portuaire, le ministre a également fait part de la volonté du gouvernement d’alléger les tonnes de paperasse demandées par l’administration. Il terminera son intervention à l’adresse de cette administration devenue le cauchemar du citoyen : “Répondez aux gens qui vous sollicitent, suivez la carrière de vos employés, encouragez le produit algérien et ne le cassez pas, soyez transparents dans vos rapports.” À la fin de cette conférence, une cérémonie de remise d’attestations de mérite a été faite au profit de quelques employés du secteur.

Ils ont dit

Ramtane Lamamra (MAE)

“La cohérence entre les objectifs intérieurs de l’économie nationale et la projection de l’action internationale de l’Algérie incite à ne rater aucune occasion pour être proche des opérateurs économiques pour l’intérêt de l’Algérie. Les orientations reçues du président de la République lors de ma prise de fonction était de renforcer la contribution de la diplomatie algérienne au développement du pays.”

Abdelmadjid Sidi-Saïd (SG/UGTA)

“Il est nécessaire de reconstruire et de réhabiliter notre industrie nationale, comme il est impératif de converger tous les efforts pour aller vers des actions pratiques à même de créer l’emploi au profit de l’économie nationale.”

Mohamed El-Ghazi (ministre auprès du Premier ministre chargé du Service public)

“Il faut offrir un service public de qualité, accessible à tous les citoyens, sans faire de distinction sociale et répondant à leurs aspirations et préoccupations. Il est nécessaire d’entreprendre des actions cohérentes notamment d’information, d’orientation et surtout d’allègement des procédures d’administration pour réhabiliter le service public.”

A. F