Il vendait le matériel de son lycée à 1 DA/kg : l’invraisemblable magouille d’un directeur à Alger

Il vendait le matériel de son lycée à 1 DA/kg : l’invraisemblable magouille d’un directeur à Alger
Lycée de Draria

Le parquet a requis cinq ans de prison ferme contre l’ancien proviseur du lycée « Zoubida Ould Kablia », accusé d’avoir détourné et vendu des milliers de tables et de chaises scolaires comme simple ferraille sur le marché de Fouka.

Le tribunal de Chéraga a ouvert, ce matin, un dossier de corruption qui entache le secteur de l’éducation dans la circonscription d’Alger-Ouest. L’ancien directeur du lycée « Zoubida Ould Kablia » de Draria, nommé B. Tahar, ainsi qu’un transporteur privé, ont comparu pour des faits de dilapidation de biens publics, abus de fonction et détournement.

L’affaire, qui remonte à la fin de l’année 2018 et au début de l’année 2019, a éclaté suite aux investigations menées par un nouvel économe. À sa prise de fonction, ce dernier a constaté un écart flagrant entre les registres d’inventaire et le mobilier réellement présent dans l’établissement.

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Les investigations ont révélé une opération d’envergure menée en toute illégalité : environ 1 200 chaises et 2 000 tables auraient été évacuées du lycée pour être revendues comme ferraille sur le marché de la récupération à Fouka.

Selon les éléments de l’enquête, le matériel était cédé au prix dérisoire de 1 DA le kilogramme. Le transporteur, complice présumé, effectuait des rotations de 10 quintaux par chargement, muni d’autorisations de transport fournies par le directeur pour contourner les contrôles de sécurité.

Outre le mobilier, l’enquête a mis en lumière la mise en vente sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, d’un portail en fer (reçu par le lycée sous forme de don), ainsi que d’une imprimante, d’un scanner et d’un rétroprojecteur (data-show).

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Lors de l’audience, le principal accusé a nié en bloc toutes les charges pesant contre lui, criant au complot. Il a affirmé que la gestion des inventaires incombait à l’économe et qu’il se trouvait en période de suspension conservatoire de 15 jours au moment des faits allégués.

À l’opposé, le transporteur a reconnu les faits, affirmant avoir agi sous les ordres directs du proviseur, qu’il aurait rencontré par l’intermédiaire d’un soudeur. Deux gardiens de l’établissement, appelés à la barre, ont confirmé avoir reçu l’ordre du directeur d’ouvrir les portes du lycée à la sortie du matériel.

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Le représentant de la Direction de l’Éducation d’Alger-Ouest, s’étant constitué partie civile, a dénoncé un acte grave commis par un cadre censé éduquer les générations futures. Il a rappelé que la réforme ou la vente de matériel public est strictement encadrée par la loi : seule une commission ministérielle peut autoriser de telles opérations, dont 95 % des recettes doivent revenir au Trésor public.

La partie civile a réclamé une indemnisation provisionnelle de 500 000 DA, en se réservant le droit de demander des dommages et intérêts supplémentaires après une expertise comptable complète.

Réquisitions : Le procureur de la République a requis une peine de 5 ans de prison ferme assortie d’une amende de 500 000 DA à l’encontre de l’ancien proviseur. Le délibéré est attendu pour le 3 février prochain.