Alors que l’opinion publique reste profondément marquée par l’attente douloureuse autour du petit Rayan Dilmi et par le souvenir encore vif de l’affaire Marwa Boughachiche l’an dernier, l’angoisse des parents face à la sécurité des enfants est plus que jamais palpable.
C’est dans ce climat de vigilance extrême que la cour criminelle d’Alger a rendu son verdict dans l’affaire qui avait secoué la commune de Draria. L’entrepreneur de 50 ans, surnommé « le Tiartien », dont les agissements dans une cage d’escalier avaient soulevé une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, a été condamné à 5 ans de prison ferme.
Au-delà de la peine de prison, la justice a prononcé la privation de ses droits civiques et familiaux, marquant une volonté ferme de protéger durablement les mineurs en Algérie.
Une vidéo virale sur Facebook qui a tout déclenché
Tout a basculé en octobre dernier. Une séquence de 15 minutes, montre cet homme d’un certain âge enlacer et embrasser une écolière dans la cage d’escalier de la cité des 1500 logements à Draria. Le choc est immédiat sur le web, la vidéo devient virale et l’alerte est lancée.
Convoqué par la police le 23 octobre 2025, le père de la victime, confirme l’horreur : c’est bien sa fille de 10 ans qui apparaît sur les images. C’est lui-même qui avait transmis la vidéo à l’administrateur de la page pour briser le silence et protéger d’autres enfants.
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Entendue par les enquêteurs, la petite fille a raconté sa version des faits avec une précision glaçante. Fin septembre 2025, alors qu’elle jouait en bas de son immeuble avec sa petite sœur de 7 ans, l’homme l’aborde en se faisant passer pour un membre d’une association. Son prétexte ? Trouver une porte bleue pour distribuer des vêtements.
Une fois dans l’immeuble, il en profite pour serrer la fillette contre lui à chaque étage, à la montée comme à la descente, avant de lui glisser un billet de 500 dinars (et 100 dinars à sa sœur) en leur ordonnant de ne rien dire à leur père.
L’homme est pourtant loin de se douter que la petite l’a surpris au téléphone en train de parler à un complice nommé Rachid, lui confiant que les deux enfants avaient refusé de le suivre pour « faire des courses ».
D’autres victimes sortent du silence
L’arrestation du suspect va libérer la parole dans le quartier. Moins de trois semaines plus tard, deux autres plaintes atterrissent chez les policiers :
- Un petit garçon, Ilyas, attrapé violemment par le bras près de son école primaire par un homme chauve vêtu de noir, sauvé de justesse par l’intervention de sa maîtresse.
- Une adolescente, H.Y., abordée en pleine rue près de son collège par le même individu à bord d’une voiture blanche. Elle a réussi à s’enfuir alors qu’il tentait de la gripper.
Sur les photos présentées par la police, toutes les victimes reconnaissent formellement le même visage.
Sorcellerie, chasse aux trésors et complice en fuite
Face aux juges, Mohamed M., originaire de Tiaret et installé à Médéa, nie en bloc. Oui, il a touché le dos de la petite et lui a donné de l’argent, mais il assure qu’il cherchait juste un appartement à louer. Le reste ? Des inventions, selon lui.
Pourtant, l’analyse de son téléphone va révéler des détails très troublants : des photos et vidéos de fouilles et de prospections de trésors dans des zones montagneuses.
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De quoi relancer une piste sombre souvent évoquée lors de l’instruction, celle de l’exploitation d’enfants à des fins de sorcellerie ou de charlatanisme.
Pendant que « le Tiartien » dort en prison, la police court toujours après son complice, un certain H.Rachid, qui l’attendait ce jour-là dans une voiture noire et reste, à ce jour, activement recherché.
