En Azerbaïdjan, le ressortissant français Martin Ryan a été condamné à dix ans de prison pour espionnage. Son co-accusé azerbaïdjanais, Azad Mamedli, a quant à lui été reconnu coupable de « haute trahison » et s’est vu infliger une peine de douze ans d’enfermement lundi 16 mars 2026.
Sur fond de crise diplomatique entre la France et l’Azerbaïdjan, le verdict est tombé lundi 16 mars : Martin Ryan a été condamné à dix ans de réclusion pour espionnage. Installé à Bakou depuis quatre ans au moment de son interpellation fin 2023, l’homme d’affaires français a reçu une peine légèrement inférieure aux onze ans initialement réclamés par le parquet.
Le procès visait également son complice présumé, Azad Mamedli. Ce ressortissant azerbaïdjanais, poursuivi pour « haute trahison », a été condamné à une peine de douze ans de prison.
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Martin Ryan accusé d’espionnage au profit des renseignements français
D’après les autorités azerbaïdjanaises, Martin Ryan aurait agi sous la direction de membres de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) en poste à l’ambassade de France à Bakou — agents qui ont, depuis, été déclarés personae non grata. Sa mission consistait principalement à collecter des renseignements sur la Déclaration de Choucha de 2021, un accord stratégique majeur scellant la coopération militaire et diplomatique entre l’Azerbaïdjan et la Turquie.
Le dossier d’accusation affirme que la mission de Martin Ryan couvrait un large spectre géopolitique. Il lui est reproché d’avoir collecté des données sur les alliances stratégiques de Bakou avec l’Iran, le Pakistan, l’Algérie et la Somalie. L’intérêt portait également sur le volet militaire, via des clichés de matériel de défense pakistanais, ainsi que sur l’influence économique de la Russie et de la Chine dans le pays.
L’accusation soutient que Martin Ryan a joué un rôle de facilitateur en organisant une rencontre entre Azad Mamedli et des agents de la DGSE. À la suite de cet entretien, Mamedli aurait été chargé d’identifier et de recruter des sources potentielles (étudiants russes et azerbaïdjanais) depuis son point d’observation à l’université de Moscou.
Paris dénonce la condamnation de Martin Ryan
Avant que la sentence ne tombe, Martin Ryan a fermement nié les faits de renseignement. « Je ne suis pas un espion », a-t-il clamé par la voix d’un interprète, expliquant qu’il n’avait jamais eu conscience que ses actes pouvaient servir à l’espionnage. Sa seule faute, selon lui, réside dans sa discrétion : il reconnaît avoir fréquenté des membres de l’ambassade de France sans en informer les services de sécurité azerbaïdjanais.
Le Quai d’Orsay a immédiatement réagi à l’annonce du verdict en dénonçant une condamnation infondée. Selon Paris, Martin Ryan est avant tout la victime collatérale de la crise diplomatique entre les deux pays. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a fermement récusé les accusations de Bakou, qualifiées de prétextes à des « agissements hostiles », tout en exigeant la libération immédiate du ressortissant français.
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