Il soignait ses patients avec des produits périmés et des sangsues : un faux médecin jugé à Oran

Un dossier pour le moins singulier a été examiné lundi par le tribunal correctionnel d’El Othmania, dans le quartier Yaghmoracen à Oran. Un homme, identifié par les initiales « B-M-A », comparaît pour plusieurs faits liés à l’exercice d’activités de médecine alternative sans qualification reconnue, mais aussi pour escroquerie envers le public et mise en vente de produits médicaux périmés.
L’affaire a notamment attiré l’attention par la nature des pratiques reprochées au prévenu. Selon les éléments présentés à l’audience, celui-ci proposait notamment des séances de hijama, d’acupuncture chinoise, de roqya, de traitement par les sangsues, ainsi que la vente d’huiles et de plantes médicinales et des massages de relaxation.
Faux médecin à Oran : le prévenu affirme avoir obtenu une formation auprès de la Chambre de commerce
À la barre, le prévenu a reconnu exercer dans le domaine de la médecine alternative pour traiter des patients. Le juge lui a toutefois rappelé que certaines des pratiques qu’il proposait relevaient de la médecine et nécessitaient, à ce titre, une qualification et un parcours d’études spécifiques.
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Face à cette remarque, l’intéressé a affirmé avoir obtenu un certificat délivré par la Chambre de commerce et d’industrie. Indiquant que la spécialité qu’il pratiquait figurait parmi les formations proposées par cette institution.
Cette déclaration a constitué l’un des points examinés au cours de l’audience, alors que le prévenu était poursuivi notamment pour l’utilisation d’un titre lié à une profession réglementée dont les conditions d’accès sont fixées par les pouvoirs publics.
Médecine alternative à Oran : des sangsues et des produits périmés au coeur du dossier
L’enquête s’est également intéressée aux produits retrouvés dans le local du prévenu. Les éléments présentés au tribunal font état de produits arrivés à expiration. Ainsi que de l’utilisation de sangsues dont l’origine n’aurait pas été identifiée.
Le prévenu a fourni une explication concernant les produits périmés. Il a déclaré qu’il était absent du local au moment des faits. Et qu’il avait demandé à son assistante de rassembler les médicaments et autres produits arrivés à expiration afin de les détruire.
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Les enquêteurs ont également relevé l’utilisation de matériel destiné à des injections de Botox sur plusieurs patients sans changement de la seringue, selon les faits rapportés lors de l’audience.
Une inspection des commerces de beauté à l’origine de la découverte
L’affaire a éclaté à la suite d’une opération menée par les membres de la commission chargée de la santé et de la protection de l’environnement. Celle-ci effectuait une campagne de contrôle visant notamment des commerces de beauté.
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Lors de leur intervention dans le local concerné, les agents ont constaté que son propriétaire ne disposait d’aucun diplôme ou certificat l’autorisant à exercer les activités relevant des professions médicales, selon les éléments du dossier.
Les autorités lui reprochent également d’avoir pratiqué des interventions décrites comme complexes. Faisant craindre aux enquêteurs des conséquences graves pour les personnes prises en charge.
L’utilisation directe de sangsues sur les patients a également été relevée au cours du contrôle. Tout comme la présence de produits périmés.
Le prévenu nie les opérations chirurgicales et invoque la médecine par les plantes
À l’audience, « B-M-A » a contesté les faits qui lui sont reprochés. Il a notamment soutenu qu’il ne pratiquait ni opérations chirurgicales ni actes de chirurgie esthétique.
Selon sa version, son activité se limitait à la médecine alternative, notamment au recours aux plantes médicinales.
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L’affaire a par ailleurs conduit l’Association de protection des consommateurs à se constituer partie civile. Afin de défendre les droits des personnes concernées.
Le représentant du parquet a requis une peine de quatre ans de prison ferme à l’encontre du prévenu.
Le tribunal correctionnel d’El Othmania n’a toutefois pas encore rendu sa décision. Le prononcé du jugement a été reporté à la semaine prochaine.








