Il sera auditionné en suisse alors qu’un mandat d’arrêt est lancé contre lui : L’affaire Nezzar rouvre la plaie des années 90

mardi 13 août 2019 à 11:08
Source de l'article : Liberte-algerie.com

Dès que le tribunal militaire de Blida a lancé le mandat d’arrêt international contre Khaled Nezzar, la polémique sur “la responsabilité de l’armée” dans la décennie noire a refait surface.  

Alors qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international par le tribunal militaire de Blida, le général Khaled Nezzar est attendu par la justice suisse. Il sera entendu les 6 et 8 septembre prochain, annonce la procureure fédérale, Miriam Pittler, dans une correspondance envoyée au cabinet d’avocats genevois qui défend l’ancien ministre de la Défense.

Selon le même document, de nouvelles auditions seront également menées les 15 et 16 octobre. Le document ne précise pas les soupçons qui pèsent sur l’ancien homme fort du régime algérien durant la fin des années 1980 et la première moitié des années 1990, mais il cite le plaignant. Il s’agit d’Abdelwahab Boukezouha, un ancien “interné” dans les camps du Sud, créés par les autorités en 1992 pour y emprisonner des militants islamistes, essentiellement des membres de l’ancien parti dissous, le Front islamique du salut (FIS).
Mais beaucoup de personnes conduites dans ces camps n’avaient aucun lien avec le parti dissous. Cet ancien directeur de la polyclinique Necira-Nounou de Belouizdad a fini par quitter clandestinement l’Algérie à destination de la France, avant d’atterrir à Genève, en Suisse, sous la protection d’organisations de défense des droits de l’Homme.

Dans sa plainte, déposée suite à d’autres requêtes similaires introduites par d’anciens activistes islamistes avec l’aide de l’association Trial, Abdelwahab Boukezouha accuse le général Khaled Nezzar de l’avoir torturé. Pis encore, l’ancien général l’aurait, selon lui, “séquestré” et “torturé” son fils resté en Algérie dans le but de le contraindre à retirer la plainte déposée en 2001 en France. C’est à cause de la plainte de cet ancien fonctionnaire de la santé que le général Khaled Nezzar a été contraint, l’an passé, de rentrer au pays après un séjour médical en terre helvétique. L’ancien ministre de la Défense considère cette affaire comme étant “un procès contre l’institution militaire” dans son ensemble. Il affirme en avoir parlé à l’ancien chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika.

Si les ennuis judiciaires en Suisse de l’ancien général sont du domaine public, la coïncidence de cette nouvelle donne avec le mandat d’arrêt lancé par la justice militaire algérienne pose des questions sur la concomitance des deux affaires. Le concerné s’en explique, pourtant. Dans un tweet publié il y a trois jours, il explique que c’est à sa demande que la justice suisse a décidé de “reporter le procès prévu au milieu de l’année 2019”. Pour “des raisons qui me sont propres”, a-t-il écrit.

Dès que la tribunal militaire de Blida a lancé le mandat d’arrêt international contre Khaled Nezzar, son fils Lotfi et l’homme d’affaires Farid Benhamdine, la polémique sur “la responsabilité de l’armée” dans la décennie noire a refait surface. Sur les réseaux sociaux, des raccourcis ont été vite faits entre cette “plainte” pour “complot” et la responsabilité de l’ancien ministre de la Défense dans les violences connues par le pays de 1992 à 2000. 
Pour ne rien arranger à la situation, l’ancien ministre de la Défense nationale a jeté un véritable pavé dans la mare. Quelques jours avant le lancement du mandat d’arrêt international contre lui, il a appelé lui-même à la réouverture du dossier de la décennie 1990. Dans un tweet, il a même voulu impliquer l’actuel chef d’état-major dans la tragédie vécue par le pays durant cette période. Le post n’a pas eu d’écho médiatique. Mais cela a suffi aux partisans du “qui-tue-qui” de relancer le débat. 

De son côté, l’ancien chef des services secrets de 1988 à 1990, le général Mohamed Betchine, promet de rendre public un “rapport explosif” sur la responsabilité de l’armée dans le déclenchement des violences du début des années 1990. La plaie, qui n’est toujours pas refermée, risque d’être 
remuée !

Ali Boukhlef

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