Une affaire pour le moins inhabituelle a été examinée, mardi soir, par le tribunal de Chéraga. Un jeune homme d’une vingtaine d’années, identifié par les initiales S.A., a comparu en procédure de comparution immédiate pour détention de substances psychotropes. Le dossier a suscité l’attention en raison des circonstances singulières entourant les faits.
À LIRE AUSSI : Corruption en Algérie : le président d’une APC d’Alger condamné pour cette raison
Selon les éléments du dossier, le prévenu avait acheté 25 comprimés psychotropes de type prégabaline avant de se rendre volontairement dans un commissariat situé à l’ouest de la capitale. Une fois sur place, il a présenté les comprimés aux policiers et leur a demandé de l’incarcérer. Cette démarche inhabituelle a conduit les services de police à dresser des procès-verbaux et à transmettre l’affaire au parquet près le tribunal de Chéraga.
Un jeune homme comparaît pour détention de psychotropes après s’être présenté volontairement au poste de police
Lors de l’audience, le jeune homme a reconnu l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Il a confirmé s’être présenté de son plein gré au poste de police en possession des substances psychotropes. À la barre, il a tenté d’expliquer les raisons de son geste, évoquant une situation familiale particulièrement douloureuse.
Le prévenu a déclaré avoir récemment découvert que son véritable père purge une longue peine de prison et que l’homme qu’il considérait depuis toujours comme son père ne l’était pas. Cette révélation serait intervenue après la découverte de documents relatifs à une procédure de filiation le concernant, ainsi que son frère jumeau.
À LIRE AUSSI : Jijel : Le port de Djen Djen accueille le plus grand porte-conteneurs jamais vu en Algérie
Selon ses déclarations, ce choc émotionnel a profondément affecté son équilibre psychologique et l’aurait poussé à adopter un comportement qu’il qualifie lui-même d’irrationnel. Il a affirmé qu’il s’agissait de la première fois qu’il achetait des psychotropes, précisant qu’il ne les avait ni consommés ni proposés à d’autres personnes.
Quand le choc familial pousse un jeune à se présenter à la police avec des psychotropes
La défense a plaidé en faveur de son client en soulignant le caractère social et humain de l’affaire. L’avocat a estimé que les éléments constitutifs de l’infraction de détention en vue de la revente ne sont pas réunis, dans la mesure où le prévenu s’est immédiatement présenté à la police après l’achat. Il a sollicité l’acquittement pur et simple, ou à titre subsidiaire, l’octroi des circonstances atténuantes.
À LIRE AUSSI : Algerie – France : transfert du journaliste Christophe Gleizes après la visite de Ségolène Royal
De son côté, le représentant du ministère public a requis une peine de deux ans de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 dinars, considérant que la détention de substances psychotropes reste un fait grave, quelles que soient les circonstances.
Après délibération, le tribunal a requalifié les faits en détention illégale de substances psychotropes. Il a finalement condamné le prévenu à une amende de 30 000 dinars, sans peine d’emprisonnement, tenant compte des circonstances particulières de l’affaire et du profil du mis en cause.
