Dans un contexte de tensions persistantes entre Paris et Alger et face à l’impasse des échanges diplomatiques habituels, Ségolène Royal a endossé un rôle de médiatrice, lors de sa visite la semaine dernière, pour tenter de dénouer une crise diplomatique entre l’Algérie et la France qui s’éternise.
Signe d’une volonté d’ouverture malgré les tensions, le président Abdelmadjid Tebboune a reçu la semaine dernière Ségolène Royal. À l’issue de cet échange de haut niveau et dès son retour en France, l’ancienne candidate à l’Élysée a exhorté Laurent Nuñez, ministre français de l’Intérieur, à concrétiser sa visite en Algérie.
« Il faut que le ministre de l’Intérieur aille sur place, il est attendu », a assuré Ségolène Royal sur TF1, alors que les relations bilatérales en matière de sécurité et d’immigration traversent une phase de fortes turbulences.
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« Quand on pose des conditions, c’est qu’on ne veut pas y aller », Ségolène Royal
Alger attend toujours la visite de Laurent Nuñez, pourtant invité officiellement par son homologue algérien. Or, le ministre français lie désormais son déplacement à des exigences bilatérales strictes. Vendredi, ce dernier a affirmé attendre d’Alger « des bougés très forts sur deux sujets (…) la reprise des reconduites des Algériens en situation irrégulière, ainsi que la situation de Christophe Gleizes« .
Une posture dénoncée par Ségolène Royal, présidente de l’association France-Algérie, pour qui l’imposition de telles conditions par Paris démontre un manque de volonté réelle de renouer le dialogue avec les autorités algériennes : « Il faut y aller, mais c’est évident que quand on pose des conditions, c’est qu’on ne veut pas y aller », estime-t-elle.
Dialogue, réconciliation, reconnaissance et perspectives d’avenir : la relation entre nos deux rives de la Méditerranée doit s’apaiser. Être égalitaire.
C’est un devoir moral pour les jeunes générations. #FranceAlgérie pic.twitter.com/zfe4o100rc— Ségolène Royal (@RoyalSegolene) February 2, 2026
Par ailleurs, lors de son audience avec Abdelmadjid Tebboune, Ségolène Royal a soulevé la question des obligations de quitter le territoire français (OQTF), un point de crispation entre Paris et Alger. La réponse du président a été sans équivoque : Alger est prête à discuter, mais exige un interlocuteur officiel : « Que monsieur Nuñez vienne comme il l’avait dit », a tranché le chef d’État.
« L’Algérie a beaucoup évolué »
Ségolène Royal a dénoncé l’instrumentalisation politique de la relation bilatérale par certains responsables français, qui refusent de voir la réalité de l’Algérie : « Beaucoup de Français et beaucoup de responsables français, parce qu’ils exploitent politiquement cette fracture, ne veulent pas comprendre ».
Elle a rappelé que l’Algérie est désormais un pôle d’investissement et d’exportation attractif. Alors que des puissances comme l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou les États-Unis saisissent ces opportunités, la France se retrouve isolée : « L’Algérie a beaucoup évolué. C’est un pays aujourd’hui qui investit, qui exporte, et tous les pays sont là pour investir dans ce pays, sauf la France« .
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