M.Ziari hausse le ton à chaque passage de son discours
Le président de la chambre basse du Parlement ne s’arrête pas là. Il les accuse d’ennemis de la démocratie.
C’est un Ziari très emporté qui s’est présenté jeudi à l’APN pour la clôture de la session d’automne du Parlement. Du haut de son perchoir, il n’a ménagé aucune partie ayant critiqué la prestation de l’Assemblée sortante. Opposition, journalistes, islamistes, le président de l’APN n’a épargné personne.
Dans son discours, M.Ziari a déploré des «critiques non fondées et non objectives qui ne visent pas à nuire aux membres de l’APN mais à l’APN elle-même en tant qu’institution constitutionnelle consacrant la démocratie».
Le président de la Chambre basse du Parlement ne s’arrête pas là. Il accuse ces parties d’ennemis de la démocratie.
«Ceux qui critiquent (l’APN) agissent sous le couvert de la démocratie alors qu’ils sont ses ennemis car ils savent que la consécration de la véritable démocratie ne sert ni leurs intérêts personnels ni leurs intérêts partisans», a-t-il rétorgué.
Les cibles de ces attaques sont connues..
M.Ziari hausse le ton à chaque passage de son discours qui défend cette Assemblée, ce la plus médiocre que l’Algérie ait jamais connue.» Il a usé d’une désagréable manière pour solder ses comptes avec tous ceux qui estiment que l’APN n’a pas été à la hauteur de ses missions, se vantant d’avoir adopté des textes que l’Exécutif lui a transmis pour enregistrement.
C’est ainsi qu’il a déploré toutes les tentatives visant à créer, selon lui, «une crise politique entre la majorité parlementaire de l’APN constituée par les partis de l’Alliance présidentielle et le tiers présidentiel au Conseil de la Nation pour saper les réformes et tromper l’opinion».
Il ne manquait plus au président de l’APN qu’à démentir que la sénatrice du tiers présidentiel, Mme Bitat, n’ait jamais demandé une deuxième lecture de la loi sur la représentativité de la femme dans les Assemblées élues, ayant estimé que les députés FLN, RND et MSP ont déformé ses dispositions.
Selon M.Ziari, l’institution législative demeure loin des manoeuvres politiques, cohérente et veillera à accomplir ses missions constitutionnelles.
Craignant une victoire des islamistes lors des prochaines législatives, l’orateur a indiqué que ceux qui «disaient dans un passé récent que la démocratie est kofr et qui se sont repentis aujourd’hui ne doivent pas faire marche arrière et revenir sur ces principes».
Sur ce point, M.Ziari a raison. Les islamistes qui considéraient que la démocratie étai un péché prêchent aujourd’hui le contraire. Tant mieux et pourvu que ça dure.
Abondant dans le même discours, le président de l’APN est allé jusqu’à justifier l’incapacité de l’Etat à résoudre la crise du logement, faisant ainsi un aveu d’impuissance, sans que cela ne lui soit demandé. «Croire que l’Etat est capable de relever ce défi par son administration et ses moyens est impossible et utopique», a-t-il indiqué, expliquant qu’aucun Etat dans le monde n’a pu résoudre le problème avec, uniquement, les moyens du secteur public.
Dans son allocution, M.Ziari a affirmé que la session d’automne constituait une étape décisive dans le mandat législatif, en ce sens que son ordre du jour comportait des lois de réformes du système politique en Algérie.
Il a évoqué «les répercussions de l’abstention sur la légitimité des élections», estimant que le corps électoral était directement responsable des résultats des élections.
Pour sa part, le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, a annoncé que le chef de l’Etat convoquera le corps électoral dans quelques jours. Dans une allocution de clôture de la session d’automne du Conseil de la Nation, M.Bensalah a précisé que «dès la convocation du corps électoral et jusqu’à la tenue des prochaines élections, l’attention de tout un chacun se portera sur l’obtention du plus grand nombre possible de sièges dans l’hémicycle et des postes de responsabilité au sein des instances élues». Pour lui, une forte participation du peuple aux prochaines élections est à même de «faire échouer toutes les tentatives visant à déstabiliser le pays et à porter atteinte aux acquis réalisés».
M.Bensalah a, par ailleurs, mis l’accent sur la dynamique enregistrée, ces derniers jours, sur la scène politique nationale, notamment avec la tenue des congrès constitutifs des nouveaux partis et les préparatifs d’autres formations, en prévision de la campagne électorale.
