Il faut aller vers des élections présidentielles anticipées. C’est ce qu’ a déclaré hier le président de Ahd 54, Fawzi Rebaïne, en marge d’une conférence de presse qu’il a animée à Alger à l’occasion de la tenue de la réunion du conseil national des secrétaires généraux.
«Le vent de changement est en train de souffler sur les frontières algériennes et il faut aller vers des élections présidentielles anticipées», a t-il déclaré. «Il faut aussi savoir le bilan officiel de la santé de Bouteflika afin de savoir s’il est toujours éligible pour gouverner», a t-il encore ajouté.
Abordant le vent de changement qui s’abat sur les pays arabes, Fawzi Rebaïne a estimé que l’Algérie ne sera pas épargnée. À cet égard, il a proposé une série de mesures que le gouvernement actuel doit prendre afin de sortir le pays de la crise et éviter un processus de changement violent.
Il est préconisé de former un gouvernement transitoire qui préparera les élections, la création d’un haut conseil de l’audio-visuel, la révision de la loi électorale de 2007 et l’amendement de la constitution. Il est aussi question d’ouvrir le dialogue politique pour et entre tous les partis et la neutralité de l’administration.
Selon lui, cette dernière est trop aligné aux côtés du pouvoir. Le président de Ahd 54 a également insisté à débattre la constitution qu’après avoir passé d’abord par les élections anticipées. Il avance que c’est la présidence qui garantie la stabilité du pays. Concernant le fonctionnement actuel de l’assemblée populaire national (APN), l’intervenant a fustigé l’existence du tiers présidentiel.
Chose pour laquelle il a demandé son pur enlèvement. Dans cette perspective, l’interlocuteur a souhaité voir des élections propres et transparentes avec la présence des observateurs internationaux. Pour lui, la présence de ces derniers est sine qua non afin de garantir la crédibilité des résultats des urnes. En outre, il argumente que leur présence n‘est pas en violation de la souveraineté du pays.
Au sujet des mesures économiques qu’ a pris le gouvernement à l’instar de l’installation de l’Ansej ou encore l’accord de primes de chômage pour les jeunes, Fawzi Rebaïne a estimé que ce sont des démarches irrationnelles qui consiste à jeter de l’argent dans l’air qui aurait dû être investi dans la réalisation des grandes infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires dont le pays manque gravement et qui aurait pu créer de la production à forte valeur ajoutée.
S’agissant de la réalisation de l’autoroute est-ouest le président de Ahd 54 a estimé qu’un avec une enveloppe de 5,4 milliard de dollars a été dégagée pour ce projet.
L’Algérie aurait pu construire 4 ou 5 projets pareils avec cette somme. Dans ce contexte, Fawzi Rebaïne a d’ailleurs fustigé les déclarations récentes de Daho Ould Kablia dans lesquelles il a exclu les gens nantis d’être candidat à la présidentielle.
Selon lui, ce critère est insensé, il bafoue du coup les droits de l’homme en Algérie. Par ailleurs, Fawzi Rebaïne a critiqué la diplomatie algérienne qui a manqué de protéger le peuple libyen des tueries du tyran Kafhafi. Selon lui, le silence et l’inaction des autorités algériennes est un signe de complaisance avec le régime du guide suprême de la Révolution libyenne.
Fawzi Khemili