L’amélioration du service public est de mise, selon le ministre des Ressources en eau, qui relève des contraintes en matière de distribution de l’eau. Un projet de grand port est lancé, selon le ministre des Transports par intérim, qui assure que l’Etat défendra les pavillons nationaux maritimes et aériens.
Invité, hier, du forum du quotidien Liberté, Abdelmalek Sellal a assuré que la situation en matière de transport maritime des voyageurs s’améliore bien. D’autant que les capacités de l’Entreprise nationale de transport maritime des voyageurs ENTMV) qui a bénéficié de crédits seront renforcées par l’acquisition de deux gros car-ferries d’une capacité globale de 5 000 passagers. Quant au transport maritime des marchandises, le ministre a reconnu que le partenariat engagé avec un opérateur arabe ainsi que le programme de modernisation de la flotte nationale n’ont pas été concluants. A ce propos, Abdelmalek Sellal, qui a relevé la vétusté de la plupart des navires, a indiqué que le vraquier Blida, arraisonné l’année dernière au large des côtes somaliennes, devrait être réformé. Et dans la mesure où la société Cnan-Nord sera assistée pour la modernisation de sa flotte, le ministre des Transports par intérim a assuré que l’Etat défendra le pavillon national. En ce sens, Abdelmalek Sellal a évoqué un projet de réalisation d’un grand port au centre du pays.
Comme l’Etat défendra toujours et nécessairement le pavillon national aérien (la compagnie Air Algérie), engagée au demeurant dans un processus de modernisation mais souffrant d’un déficit de personnels navigants. C’est ce que le ministre de tutelle assure, réfutant l’ouverture au privé du transport aérien, l’open sky n’étant pas encore à l’ordre du jour, selon lui. Et cela même si 27 compagnies aériennes étrangères travaillent avec l’Algérie, relèvera M. Sellal. Comme il évoque le projet d’un hub (plateforme aéroportuaire) à Adrar, impliquant Air Algérie et la filiale du groupe Sonatrach, Tassili Airlines, dans l’amélioration de la couverture aérienne du sud du pays. Comme le ministre des Transports a reconnu des retards dans le développement du rail, même si des milliers de kilomètres de voies ferrées sont projetés à l’horizon 2014.
Améliorer le service public
Mais surtout lors de cette rencontre, le ministre des Ressources en eau a insisté sur la nécessité de l’amélioration du service public. Certes, conditionnée par le renforcement du management et le développement de la formation, impliquant fondamentalement les opérateurs délégués à l’alimentation en eau potable et l’assainissement, l’amélioration du service public, cependant, est un impératif, assure Abdelmalek Sellal.
«C’est le problème de tout le monde. Qu’on apprenne à gérer le service public», dira-t-il, concédant des insuffisances à ce titre. Et d’autant que les conditions en matière de mobilisation des eaux superficielles et souterraines et d’assainissement se sont «largement» améliorées, quoique des insuffisances persistent encore, reconnaît-il. Certes, la disponibilité de la ressource eau, dont la tarification ne changera pas, ne pose pas problème, des projets de réalisation d’infrastructures de stockage, transfert et interconnexion étant déjà opérationnels, lancés ou en voie de l’être dès la fin 2012, et un programme de modernisation des réseaux a été engagé, assure-t-il.
La distribution reste contrainte
Néanmoins, la distribution pâtit encore de moult contraintes. Cellesci sont liées notamment aux vols et l’«indiscipline des consommateurs», à la vétusté des conduites mais aussi, et notamment durant cet été, à la forte demande, aux perturbations d’alimentation énergétique et au tarissement de certaines sources montagneuses. Outre le problème des remises en cause des montants d’indemnisation en cas d’expropriation de terrains, notamment à Douéra. D’autre part, Abdelmalek Sellal, qui a annoncé qu’une vingtaine de producteurs d’eau minérale pourraient être autorisés à exercer, selon de nouvelles règles, a indiqué que les opérateurs opérationnels actuellement ne sont que 38, le marché ne devrait pas être saturé et les prix n’ont pas baissé conséquemment. Tout en précisant, au demeurant, que la question relève du commercial, le ministre des Ressources en eau a relevé que la distribution de l’eau minérale a été perturbée par les arrêts de travail. Par ailleurs, le ministre s’est montré rassurant sur l’état d’avancement du programme de réalisation de treize stations de dessalement de l’eau de mer, à plus de 80% achevés. Ainsi, trois stations restent à livrer, notamment à El Tarf et à Ténès, où des problèmes de financement et des divergences de facturation restent encore à régler. Et dans la mesure où la réalisation de certaines stations ne constitue pas une nécessité absolue, laisse-t-il entendre tout en affirmant que le dessalement est «une question de sécurité nationale.
C. B.
