Hydrocarbures: Medgaz transportera plus de gaz algérien vers l’Europe

Hydrocarbures: Medgaz transportera plus de gaz algérien vers l’Europe

Moncef Wafi

Hydrocarbures: Medgaz transportera plus de gaz algérien vers l’Europe

  L’Algérie va exporter plus de gaz en Europe, via le gazoduc Medgaz, a annoncé Pedro Miro, le directeur général de l’espagnole Cepsa, qui appartient à Mubadala Investment Company, partenaire de Sonatrach dans ce projet. Rappelons qu’en octobre dernier, Cepsa a vendu sa participation de 42.09% dans la société exploitant le gazoduc reliant l’Algérie à l’Espagne, Medgaz, pour 500 millions d’euros à son unique actionnaire, le fonds d’investissement basé à Abu Dhabi Mubadala, dans le cadre de son introduction en bourse pour laquelle Mubadala va acquérir entre 25% et 28% de Cepsa.

En effet, Cepsa prévoit de mettre en place des capacités supplémentaires prochainement, a annoncé son DG. «La capacité nominale est actuellement de 8 milliards de mètres cubes cette année et serait portée à 10,5 milliards de m³ avec le nouveau compresseur», a déclaré Pedro Miro au journal The National, lors d’un entretien à Abu Dhabi. «Le pipeline comporte trois compresseurs, un opérationnel, un inactif et un en réserve. Il augmentera le débit de ce pipeline de 20 à 25%», a-t-il expliqué, sans toutefois fixer un calendrier pour ce nouvel échéancier.

La décision finale sur la capacité supplémentaire n’a pas encore été prise, mais Miro a déclaré que le programme «était presque terminé» dès l’installation du nouveau compresseur. En septembre dernier, le P-dg de la Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, avait indiqué pour sa part, le souhait de l’Algérie d’accroître ses exportations de gaz vers l’Espagne grâce à l’agrandissement du gazoduc Medgaz tout en maintenant ses approvisionnements via la liaison GME traversant le Maroc.

L’Algérie exporte actuellement du gaz via les deux gazoducs vers l’Espagne – avec des volumes totalisant 14,5 milliards de m³ en 2017-mais Sonatrach souhaite pouvoir augmenter ses exportations en mettant en ligne plusieurs nouveaux projets majeurs de production de gaz dans les années à venir. Sonatrach a entamé des travaux de construction sur un nouveau pipeline de 197 km qui pourrait détourner le gaz du pipeline GME vers Medgaz, mais Ould Kaddour a déclaré que cela ne signifierait pas nécessairement que le transit via le Maroc cesserait, mais donnerait à la compagnie plus de flexibilité dans ses exportations vers l’Espagne. «L’un de nos objectifs est de continuer à produire plus de gaz et de transporter plus de gaz vers l’Europe et en particulier vers l’Espagne», a-t-il déclaré. «Nous transportons actuellement 8 milliards de m³ / an via Medgaz et nous mettons en place un turbocompresseur pour le porter à 10 milliards de m³ / an», a-t-il ajouté. Selon une source technique de Sonatrach, avec l’ajout de plus de turbocompresseurs, la capacité de Medgaz pourrait ensuite être portée à 16 milliards de mètres cubes par an d’ici 2020.

Pour rappel, Cepsa s’approvisionne en carburant dans le vaste champ de Hassi R’mel, dans le sud du pays, jusqu’au port de Beni Saf, puis à destination d’Almeria, sur la côte sud-est de l’Espagne. Par ailleurs, la société espagnole a lancé en mars à Timimoun, son premier champ de gaz naturel en Algérie, avec une production quotidienne prévue de cinq millions de mètres cubes à la production maximale.

Sonatrach sera le principal partenaire avec une participation de 51% et le groupe français Total, avec un partenaire de 37,75%, la participation restante revenant à Cepsa. Le champ comprend 37 puits en production qui devraient alimenter le pipeline Medgaz à partir du champ Hassi R’mel. «Nous avons effectué pas mal d’évaluation sur ce bloc et avons fait une découverte qui s’étend au-delà de notre bloc», a précisé Miro.

En janvier, Cepsa et Sonatrach ont également signé un contrat d’exploration avec Alnaft, l’Agence algérienne de développement des ressources nationales, afin d’exploiter le champ pétrolifère de Rhoude el Krouf dans le bassin est de Berkine.

L’accord conclu pour 25 ans prévoit un important «réaménagement d’un gisement pétrolier mature», en production depuis 25 ans, avait déclaré Cepsa dans un communiqué. Le projet devrait coûter un milliard de dollars et comportera 30 nouveaux puits. Les installations de traitement devraient avoir une capacité collective de 24 000 barils de pétrole par jour.