L’actualité énergétique mondiale, bousculée par les tensions au Moyen-Orient, redessine les équilibres et accélère certains rapprochements.
À Alger, la visite de la commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica, intervient dans ce contexte chargé. Au-delà des échanges diplomatiques, un signal précis a été adressé aux partenaires européens. L’Algérie ne se limite plus à fournir du gaz, elle veut désormais attirer davantage d’investissements et peser dans la recomposition du marché énergétique.
Une visite européenne en Algérie sur fond de recomposition énergétique
La commissaire européenne Dubravka Šuica a effectué une visite officielle en Algérie les 4 et 5 mai, dans le cadre du renforcement de la coopération entre l’Union européenne et Alger. Selon la délégation européenne, les discussions portent sur plusieurs axes : commerce, investissement, énergie, migration et sécurité.
Au cœur de cette visite figure une rencontre avec le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab. Les deux parties abordent notamment « le partenariat énergétique de longue date entre l’UE et l’Algérie et les moyens de faire progresser ensemble la transition écologique ».
Cette séquence diplomatique s’ajoute à une série de déplacements européens depuis le déclenchement de la crise au Moyen-Orient, qui a perturbé les flux énergétiques mondiaux, notamment après les tensions autour du détroit d’Ormuz.
« Investissez » : l’injonction d’Alger aux majors européennes
Lors de cette rencontre, le ministre Mohamed Arkab a formulé un appel direct aux entreprises européennes : investir davantage dans le secteur des hydrocarbures en Algérie.
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« La coopération dans le secteur des hydrocarbures est une pierre angulaire du partenariat algéro-européen », a-t-il affirmé. En soulignant son rôle à la fois dans la stabilité économique nationale et dans la sécurité énergétique européenne.
Le responsable a insisté sur plusieurs priorités :
- Intensifier les investissements dans l’exploration et la production
- Développer les infrastructures pétrolières et gazières
- Renforcer les capacités de raffinage et de pétrochimie
Il a également mis en avant les réformes engagées, notamment la nouvelle loi sur les hydrocarbures, destinée à offrir un cadre « plus attractif et flexible », avec davantage de transparence et des procédures simplifiées.
Gaz et pétrole : l’Algérie, fournisseur clé dans une UE en quête de stabilité
Du côté européen, le message a été reçu favorablement. Dubravka Šuica a salué « le niveau du dialogue stratégique » et le rôle de l’Algérie comme « partenaire fiable pour le renforcement de la sécurité énergétique européenne ».
Dans le contexte actuel, marqué par une forte incertitude, l’Union européenne cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement. L’Algérie représente déjà environ 12 % des importations gazières européennes.
Plusieurs atouts renforcent cette position :
- Une proximité géographique avec l’Europe
- Des infrastructures existantes comme les gazoducs Transmed et Medgaz
- Un statut de premier producteur africain de gaz
Ces éléments placent le pays comme un fournisseur difficilement contournable dans la stratégie énergétique européenne.
Alger – Bruxelles : une coopération élargie à la transition énergétique
Les discussions ne se limitent pas aux énergies fossiles. Les deux parties ont également évoqué des pistes de coopération dans des domaines liés à la transition énergétique :
- Réduction des émissions de carbone
- Projets de captage et de stockage du carbone
- Renforcement des politiques environnementales
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Cette approche vise à aligner le partenariat énergétique avec les objectifs climatiques européens, tout en maintenant les intérêts économiques des deux parties.
La commissaire européenne a par ailleurs présenté la « Charte de la Méditerranée », lancée en octobre 2025. Qui ambitionne de relancer la coopération euro-méditerranéenne à travers une vision globale intégrant énergie, développement et stabilité régionale.
