C’est une naissance discrète, mais potentiellement décisive. En marge de la clôture du SIPSA-FILAHA 2026, au Palais des expositions de la Safex à Alger, un Club d’excellence de l’huile d’olive a officiellement vu le jour. Réunissant des producteurs issus de plusieurs wilayas, cette structure inédite a été lancée en présence de représentants des ministères de l’Agriculture, du Commerce intérieur et du Commerce extérieur. Son ambition : transformer un secteur riche en distinctions mais encore trop discret à l’export.
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Un Club d’excellence pour structurer les exportations d’huile d’olive algérienne
Derrière ce projet, une conviction partagée : la qualité ne suffit plus. Il faut désormais l’organiser, la promouvoir et la vendre. Le président du concours national Oleomed, Mokhtar Guissous, résume l’enjeu sans détour : l’initiative vise à « promouvoir l’huile d’olive algérienne aussi bien sur le marché national qu’international », tout en cherchant à « créer une référence de qualité en Algérie ».
Le Club regroupe des oléiculteurs de différentes régions du pays. Sa mission couvre plusieurs axes : améliorer les standards de production, faciliter l’accès aux marchés étrangers et accompagner les marques locales dans leur développement commercial. Une feuille de route ambitieuse pour un secteur qui, malgré ses performances, reste encore mal armé face aux exigences du commerce international.
Car le paradoxe est réel. Plusieurs producteurs algériens accumulent les récompenses à l’étranger, mais butent sur des obstacles concrets au moment d’exporter. À Djelfa, par exemple, la marque Dar Diaf écoule une partie de sa production vers la Mauritanie, mais uniquement via des intermédiaires. Emballage inadapté, absence de réseaux de distribution, déficit de marketing : autant de freins qui empêchent les huileries algériennes de s’imposer directement sur les marchés africains ou européens.
Oleomed 2026 : 182 candidats et 137 médailles au palmarès
La cérémonie de remise des prix du concours national Oleomed a constitué le cadre de ce lancement. Cette deuxième édition a affiché une participation record. Au total, 182 candidats ont concouru, et les jurés ont décerné pas moins de 84 médailles d’or, 35 d’argent et 18 de bronze.
Le podium final place en tête la marque Mesghat, originaire de la wilaya de Bordj Bou Arreridj. La deuxième marche revient à Abdaoui Olive, tandis que la troisième position est occupée par la marque Aïcha. Au fil des échanges lors de la cérémonie, les participants ont partagé leurs expériences autour des techniques modernes de pressage et des bonnes pratiques permettant d’obtenir une huile extra vierge de haute qualité.
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L’huile d’olive algérienne déjà primée sur cinq continents
La création de ce Club intervient dans un contexte favorable. Ces dernières années, les producteurs algériens ont multiplié les participations aux compétitions mondiales les plus exigeantes. Des marques comme Dahbia, Chibi ou Ardhi ont décroché des médailles en Italie, à Abou Dhabi ou en Turquie, face à des références établies comme l’Espagne, la Grèce ou l’Italie.
Selon les professionnels présents au SIPSA 2026, cette montée en gamme s’explique par une meilleure maîtrise technique. Récolte au bon stade de maturité, stockage rigoureux, pressage à froid : les oléiculteurs algériens intègrent progressivement les standards qui font la différence sur les marchés premium. Certaines huiles algériennes sont aujourd’hui commercialisées sur les cinq continents. Mais la présence reste fragmentée, portée par des initiatives individuelles plutôt que par une stratégie collective.
Un potentiel oléicole colossal encore sous-exploité
Le défi de l’export s’inscrit dans une dynamique plus large. L’Algérie figure désormais parmi les dix plus grands producteurs mondiaux d’huile d’olive, avec une production dépassant les 100 millions de litres par an. Les superficies d’oliveraies ont plus que doublé en deux décennies, passant de 160 000 à près de 443 000 hectares, avec un objectif fixé à un million d’hectares d’ici 2030. Le pays recense par ailleurs plus de 48 variétés d’oliviers, un patrimoine génétique rare.
Pourtant, transformer ce potentiel en parts de marché à l’international reste le vrai défi. Construire de véritables marques exportatrices, capables de s’installer durablement dans les rayons étrangers, exige une organisation que le secteur n’a pas encore pleinement développée. C’est précisément là que le Club d’excellence entend jouer son rôle. Sa réussite dépendra de la capacité des acteurs publics et privés à travailler ensemble — et vite. Comme le rappelle le succès algérien à Alimentaria 2026, les portes s’ouvrent. Encore faut-il être prêt à les franchir.
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