Une enseignante de l’université Djillali Liabès a tragiquement perdu la vie en fin de journée d’hier, victime de la violence de son propre époux. Le drame s’est noué en plein espace public, juste en face de la faculté des sciences politiques, un lieu d’ordinaire dédié au savoir et à l’avenir.
Malgré l’intervention rapide des secours et son évacuation vers le Centre hospitalier universitaire (CHU), la victime, désignée par ses initiales « R. A. », n’a pas survécu à ses blessures. Ce féminicide brutal plonge ses collègues, ses étudiants et toute la population locale dans une profonde tristesse.
Une scène d’une extrême violence devant la faculté
D’après les premiers témoignages, la scène a été d’une soudaineté effroyable. L’agresseur a porté plusieurs coups de couteau à sa femme, la touchant grièvement à la cuisse et provoquant une hémorragie interne massive.
Les équipes médicales du CHU ont tout tenté pour la sauver, mais la gravité des lésions était trop importante. En quelques minutes à peine, une vie a été fauchée aux portes de l’université.
Les forces de police, alertées immédiatement, ont réagi sans tarder. L’époux a été interpellé sur les lieux quelques minutes après l’agression, et l’arme du crime a été saisie.
Une enquête judiciaire est désormais en cours pour reconstituer précisément le fil du drame et comprendre ce qui a pu mener à une telle issue.
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Le couple, originaire d’une wilaya voisine, s’était installé dans la région. Si les motivations exactes restent à éclaircir, les premiers éléments de l’enquête pointent vers des conflits conjugaux profonds et des tensions accumulées au sein du foyer.
Les enquêteurs cherchent notamment à savoir si des signaux d’alerte ou des antécédents de violence auraient pu ou dû attirer l’attention.
Un fléau qui n’épargne aucun milieu
Ce drame vient douloureusement rappeler une réalité : la violence conjugale ne choisit pas ses victimes.
Les statistiques et l’actualité récente dressent un tableau alarmant.
En 2025, le ministère de la Solidarité nationale recensait plus de 10 000 cas de violences familiales en Algérie, dont 15 % d’agressions graves impliquant des armes blanches.
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Derrière ces chiffres, il y a des visages, des familles brisées, et des drames qui se répètent, comme ces récentes tragédies familiales qui ont endeuillé Sidi Bel Abbès, Chlef ou encore Réghaïa.
Au-delà des sanctions, l’urgence de protéger
Si la justice algérienne applique des peines sévères — à l’image de cette condamnation récente à 15 ans de réclusion pour un crime similaire à Réghaïa —, force est de constater que la répression seule ne suffit pas à stopper cette spirale.
Face à cette nouvelle perte, les voix de la société civile et des associations se font l’écho d’une urgence absolue. Elles réclament un renforcement des mesures de prévention, des espaces d’écoute pour les couples en crise et des systèmes d’alerte plus efficaces pour protéger les femmes avant qu’il ne soit trop tard.
La mort de cette enseignante de l’université Djillali Liabès n’est pas qu’un fait divers de plus ; elle repose, avec une douloureuse insistance, la question de la sécurité des femmes au sein de leur propre foyer.
