Hommage au maître du «patrimoine algérien» : L’Opéra d’Alger ravive la mémoire de Cheikh El Hasnaoui

mardi 17 septembre 2019 à 13:56
Source de l'article : Reporters.dz

Le Maître de la chanson kabyle, artiste incontournable du patrimoine chaâbi kabyle et algérois, pour lequel il a notamment donné les inoubliables «Maison blanche» ou «A yema yema», le souvenir de Cheikh El Hasnaoui sera ravivé, ce soir, lors d’un concert spécial organisé par l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih. L’hommage, rendu plus de dix-sept ans après la disparition de l’artiste, originaire de la région de Tizi-Ouzou, sera ainsi l’occasion de réinterpréter et de partager avec le public certains titres légués par le maître ; les organisateurs ayant fait appel à cinq artistes populaires, cinq «élèves» largement influencés par Cheikh El Hasnaoui. Ce sont Chaou Abdelkader, Hasnaoui Amechtouh, Kamel Meziane, Boualem Chaker ainsi que le poète Aziz Fellag.

sponsables de l’Opéra d’Alger nous ont par ailleurs précisé, hier, que des places étaient encore disponibles (au tarif de 500 dinars) pour cet événement programmé dès 19H30. Il a été organisé avec la volonté de «préserver et sauvegarder le patrimoine culturel et musical national» et promet ainsi d’être «unique» sur plusieurs plans. C’est l’occasion notamment de revenir sur la carrière d’un artiste dont le répertoire, bien que relativement limité avec un peu moins d’une cinquantaine de titres, en langue kabyle et en arabe populaire, aura néanmoins réussi à marquer plusieurs générations d’artistes, les plus célèbres étant incontestablement Matoub Lounès, Kamel Messaoudi ou encore Lounis Aït Menguellet. En effet, chanteur, musicien, compositeur et auteur, né en 1910, Cheikh El Hasnaoui, de son vrai nom Mohamed Hemana Khelouat, issu de l’aarch des Ihassenaouen (qui sera à l’origine de son célèbre nom d’artiste), fera ses premiers pas vers la musique populaire à Alger, et plus spécialement à la Casbah, rue Mogador, où il réside dès le début des années 1930. Musicien qui réussira rapidement à rejoindre l’orchestre de Hadj M’hamed El Anka, son véritable maître, précisent ses biographes. Le grand public découvrira Cheikh El Hasnaoui en 1936 avec la chanson restée célèbre «A yema yema», une complainte de déraciné, écrite en plusieurs années et qui résonnera d’un écho particulier, l’artiste étant lui-même orphelin depuis l’âge de dix ans. Poursuivant par la suite sa carrière en France, en côtoyant notamment les musiciens des orchestres chaabi et les cafés arabes, c’est là qu’il enregistrera l’essentiel de son répertoire, une vingtaine de titres qui rencontreront tous le succès. Auteur et interprète, qui arrêtera la musique durant les années de guerre, «par solidarité», l’artiste reviendra néanmoins sur scène au lendemain de l’Indépendance, en créant, en 1967, sa propre maison de disque, où il édite ses derniers titres avant de mettre un terme, définitif cette fois, à sa carrière en 1968. Resté depuis l’un des artistes emblématiques du répertoire chaâbi, c’est tout un style que le Cheikh El Hasnaoui, disparu le 6 juillet 2002, a laissé derrière lui, une voix grave, un timbre en cascade, accompagnés des sonorités lancinantes du banjo et des textes où les sentiments, les traditions et l’amour brisé, qui a marqué sa jeunesse, la douleur… sont récurrents, au côté, bien sûr, de la capacité de ses textes à décrire l’éloignement et l’exil.

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