Hausse des prix du pétrole : qu’en est-il du Sahara Blend algérien ?

Hausse des prix du pétrole : qu’en est-il du Sahara Blend algérien ?
Hausse prix petrole

Les marchés mondiaux de l’énergie ont traversé une séance historique ce jeudi, marquée par une progression fulgurante des cours de l’or noir. À la clôture, les prix ont enregistré des gains massifs, propulsés par des craintes grandissantes concernant une rupture imminente de l’approvisionnement mondial.

La volatilité a atteint des sommets lors de cette séance, redessinant la courbe des prix sur les princiaux terminaux. Le Brent, référence internationale, a bondi de 7,87 dollars, soit une hausse de 7,78 %  pour s’établir à 109,03 dollars le baril. Dans le même élan, le WTI (West Texas Intermediate), référence américaine, a enregistré une performance spectaculaire avec une envolée de 11,42 dollars, soit +11,41 %. En clôturant à 111,54 dollars, le brut américain signe sa plus forte hausse quotidienne depuis l’année 2020.

Focus sur le Sahara Blend : Le brut algérien confirme sa valeur

Dans le sillage de cette dynamique globale, le Sahara Blend, pétrole de référence algérien, voit sa position se consolider sur l’échiquier énergétique mondial. En ce 3 avril 2026, le prix du baril algérien est estimé à 111,54 dollars, reflétant la tension extrême qui pèse actuellement sur les bruts de haute qualité.

Le Sahara Blend bénéficie d’un intérêt accru sur le marché international pour deux raisons stratégiques majeures.
D’abord, l’optimisation du raffinage : sa légèreté et sa très faible teneur en soufre facilitent la production de carburants à forte valeur ajoutée, notamment l’essence et le kérosène  des segments où l’offre mondiale est actuellement sous pression structurelle.
Ensuite, l’atout logistique : face aux incertitudes pesant sur les routes maritimes lointaines, la régularité des flux algériens via la Méditerranée constitue un gage de sécurité précieux pour les raffineurs européens en quête de fiabilité d’approvisionnement.

🟢 A LIRE AUSSI : Pétrole et gaz : après l’Espagne, ce pays asiatique se tourne vers le marché algérien

Algérie : le pari de la montée en puissance pétrolière en 2026

Alors que le marché mondial de l’énergie reste sous haute tension, l’Algérie entame ce mois d’avril 2026 une phase charnière de sa stratégie pétrolière. En augmentant sa production de 6 000 barils par jour (bpj), Alger confirme son retour au premier plan au sein de l’OPEP+ et affiche ses ambitions : maximiser la rente pour financer sa transformation économique.

La décision, annoncée en mars dernier par le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, est désormais effective. Ce mois-ci, l’Algérie porte sa production nationale à 977 000 barils par jour. Cette hausse de 6 000 bpj s’inscrit dans un effort collectif de l’alliance OPEP+  incluant notamment l’Arabie Saoudite et la Russie  visant à injecter progressivement 206 000 barils supplémentaires sur le marché mondial.

Pour Alger, ce chiffre n’est pas anodin : il représente le niveau de production le plus élevé du pays depuis mai 2023. C’est le signe que l’outil de production national, après plusieurs années de maintenance et de défis techniques, retrouve une agilité bienvenue.

Sur le plan budgétaire, le timing est idéal. Alors que la loi de finances 2026 a été prudemment établie sur un prix de référence du baril à 60 dollars, le Brent se négocie actuellement bien au-dessus des 100 dollars.

Chaque baril supplémentaire produit en avril représente une opportunité directe pour les réserves de change. L’écart entre le prix budgétisé et le prix réel permet au Fonds de Régulation des Recettes de se reconstituer massivement, offrant à l’État une marge de manœuvre budgétaire considérable.