Un foyer de hantavirus détecté sur le MV Hondius mobilise l’OMS en urgence. En seulement quelques jours, six passagers ont été frappés par des complications respiratoires sévères, laissant craindre une propagation mortelle.
L’inquiétude grandit autour du MV Hondius, un navire de croisière naviguant dans l’Atlantique, après le signalement par l’OMS d’un foyer de syndrome respiratoire aigu. Le bilan est lourd : trois morts et un passager en soins intensifs, pour un total de six cas suspectés ou confirmés.
L’affaire intrigue les spécialistes : si l’hypothèse d’un hantavirus est privilégiée, ce virus se transmet normalement très peu entre humains. La multiplication des cas graves dans cet espace clos reste donc, pour l’instant, un mystère.
Pourquoi les 6 cas d’hantavirus détectés sur le même navire intriguent autant les chercheurs ?
« A ce jour, un cas d’infection à hantavirus a été confirmé en laboratoire, et cinq autres cas sont suspectés. Sur les six personnes touchées, trois sont mortes et une se trouve actuellement en soins intensifs en Afrique du Sud », indique l’Organisation mondiale de la Santé, avant d’annoncer la confirmation d’un deuxième cas.
Toujours selon l’OMS : « Des investigations approfondies sont en cours, notamment des analyses de laboratoire complémentaires et des enquêtes épidémiologiques. Une prise en charge médicale et un soutien sont assurés aux passagers et à l’équipage. Le séquençage du virus est également en cours ».
Responsables de troubles respiratoires, cardiaques ou hémorragiques sévères, les hantavirus ne disposent d’aucun remède ciblé ni de vaccin. Les soins administrés sont donc uniquement symptomatiques, visant à soulager le malade sans pouvoir attaquer directement le virus. Bien que l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) précise qu’une seule variante rarissime peut se propager entre individus, la transmission humaine demeure l’exception.
La transmission des hantavirus à l’homme se fait par le biais de rongeurs sauvages (rats, souris) porteurs du virus. Ces derniers rejettent l’agent pathogène via leur salive, leur urine et leurs excréments. L’infection survient généralement après une morsure, un contact direct avec l’animal ou ses déjections, ou encore par l’inhalation de poussières contaminées.
#Hantavirus cluster linked to cruise ship travel:
Since 1 April when the boat set sail, of the 147 passengers and crew, 7 people have become ill, among whom 3 have died, 1 is critically ill and 3 are reporting mild symptoms.Based on the current information, including how… pic.twitter.com/KDKwmrNeBt
— World Health Organization (WHO) (@WHO) May 5, 2026
Quels sont les symptômes ?
Les infections à hantavirus, potentiellement mortelles, débutent souvent par des symptômes proches de la grippe : fièvre, maux de tête et douleurs musculaires. La gravité de la maladie dépend toutefois de chaque cas.
La dangerosité des hantavirus varie selon la région du monde. Alors que les souches américaines sont particulièrement mortelles (près de 4 décès sur 10) en raison d’atteintes pulmonaires foudroyantes, les variantes présentes en Europe et en Asie se concentrent sur le système rénal. Bien que ces dernières soient statistiquement moins sévères (maximum 15 %), elles n’en demeurent pas moins dangereuses, pouvant causer des insuffisances rénales aiguës.
Si la prévention passe par l’éloignement des rongeurs, l’OMS se veut sereine face au récent foyer détecté en mer. Hans Kluge, directeur pour l’Europe, écarte tout risque épidémique majeur et souligne qu’il est inutile d’imposer des restrictions de transport ou de céder à l’inquiétude.
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