Face à l’escalade des tensions militaires impliquant l’Iran et aux menaces pesant sur la sécurité énergétique régionale, Alger se prépare à augmenter ses exportations de Gaz Naturel Liquéfié (GNL). L’objectif : répondre en urgence à la demande de plusieurs pays arabes dont les sources habituelles sont menacées.
Selon la plateforme spécialisée Attaqa, le gouvernement algérien prévoit de renforcer sa présence sur le marché spot (ventes à court terme). Les préparatifs opérationnels sont déjà en cours pour accélérer le rythme de chargement des cargaisons dans les jours à venir. L’Algérie entend ainsi exploiter ses capacités de production et de liquéfaction disponibles pour satisfaire une demande croissante attendue en Asie, en Europe, mais surtout au Moyen-Orient.
Plusieurs pays, notamment l’Égypte, le Koweït, la Jordanie et Bahreïn, pourraient voir une partie des exportations algériennes redirigée vers leurs terminaux pour compenser d’éventuels déficits d’approvisionnement.
Menaces sur le détroit d’Ormuz : le GNL algérien pour éviter un choc gazier mondial
Tout arrêt brutal de l’exploitation des champs gaziers, à l’instar de l’incident survenu sur le champ Leviathan en juin 2025, entraînerait une suspension immédiate des exportations. Avec une production actuelle de 12 milliards de mètres cubes par an, Leviathan est un pilier fragile de l’équilibre régional. Une défaillance technique ou sécuritaire ouvrirait mécaniquement la porte aux cargaisons algériennes pour combler le vide.
L’inquiétude majeure des marchés mondiaux reste une extension du conflit à l’Iran, menaçant le détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique voit transiter environ 20 % du commerce mondial de GNL, provenant essentiellement du Qatar.
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« Une interruption du transit via Ormuz pendant un mois pourrait faire bondir les prix du gaz en Europe et en Asie de 130 % », préviennent les analystes de Goldman Sachs.
Si le blocage devait excéder deux mois, les prix européens pourraient franchir la barre des 100 €/MWh, provoquant un choc économique comparable à celui de l’invasion de l’Ukraine en 2022.
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Malgré une légère baisse de ses exportations en janvier 2026 (en recul de 23 % sur un mois selon les données de l’Unité de recherche sur l’énergie à Washington), l’Algérie conserve une marge de manœuvre importante.
Alors que la Jordanie active déjà ses plans d’urgence — incluant l’utilisation d’unités flottantes de regazéification (FSRU) à Aqaba et le recours au fioul lourd — le GNL algérien apparaît comme le recours le plus viable et le plus rapide pour stabiliser les réseaux électriques de la région en cas de déflagration généralisée.
