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France : son engagement pour l’Algérie dérange, le nom de René Vautier retiré d’un cinéma

France : son engagement pour l’Algérie dérange, le nom de René Vautier retiré d’un cinéma
Le nom de René Vautier a été retiré d’un cinéma d’Elne en raison de son engagement anticolonialiste . En réaction, près de 100 salles françaises ont décidé de lui rendre hommage.
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Une petite salle de cinéma des Pyrénées-Orientales a suffi à réveiller l’un des contentieux les plus sensibles de la mémoire franco-algérienne. En retirant le nom de René Vautier du fronton du cinéma municipal d’Elne, le maire Steve Fourteil a déclenché une riposte inattendue : près de cent salles réparties dans toute la France ont affiché à leur tour, le temps d’une journée, le patronyme du cinéaste anticolonialiste. Une opération symbolique devenue un bras de fer sur l’héritage de la guerre de libération algérienne.

L’établissement portait ce nom depuis son ouverture, en 2005. Il s’appelle désormais « La Bobine illibérienne », référence aux habitants de la commune. L’édile, qui ne revendique aucune étiquette partisane mais que la préfecture du département range à l’extrême droite, justifie ce choix par une volonté de « dépolitiser la culture ».

René Vautier, un cinéaste indissociable de la révolution algérienne

Disparu en 2015, René Vautier avait fait de la caméra une arme de contestation. Pendant des décennies, il a documenté la colonisation, les conflits armés et les luttes politiques, sans jamais dissimuler son engagement. Son film le plus célèbre, Avoir vingt ans dans les Aurès, suit un groupe d’appelés français confrontés à la réalité de la guerre d’indépendance algérienne.

La décision prise à Elne est justifiée par le soutien assumé du cinéaste au FLN explique largement l. Lors de la séance du conseil municipal du 22 septembre, le maire a prévenu qu’il n’hésiterait pas, le cas échéant, à retirer d’autres noms de rues ou de lieux honorant des figures ayant appuyé le Front de libération nationale.

Une position qui résonne avec d’autres débats hexagonaux, à l’image de la décision des élus écologistes de débaptiser la rue du maréchal Bugeaud à Lyon, mais dans un sens diamétralement opposé.

Pour le conseiller municipal d’opposition Roland Castanier, ce changement de nom revient à un « effacement de l’histoire ». L’élu communiste considère que c’est principalement l’engagement anticolonialiste du cinéaste et ses travaux sur l’histoire algérienne qui posent problème à la municipalité : »Ce qui gêne Monsieur Fortel, c’est le rapport avec la guerre d’Algérie. Et ce rapport de la guerre d’Algérie, évidemment, est lié à l’histoire de la décolonisation », affirme-t-il.

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Quatorze organisations du cinéma répliquent au maire d’Elne

La profession n’a pas tardé à réagir. Une quinzaine de syndicats et d’associations du secteur, dont la Société des réalisatrices et réalisateurs de films, l’Acid et l’Association française des cinémas d’art et d’essai, ont publié un texte commun. Leur formule claque : « la culture est un choix politique ». L’argument de la neutralité invoqué par la mairie est balayé.

Ces structures ont appelé les exploitants de toute la France à faire figurer, ne serait-ce que vingt-quatre heures, le nom du réalisateur sur leurs devantures. Pour elles, l’affaire dépasse largement une simple question de dénomination : c’est l’œuvre et le combat d’un homme que l’on chercherait à faire disparaître, avec eux l’identité même de la salle concernée.

À Nonnet, dans le Finistère, la façade du cinéma Le Club s’est couverte de feuilles blanches formant le nom « cinéma René Vautier ». Les images ont circulé dans la presse locale. Le mouvement s’est étendu bien au-delà de la Bretagne : David Obadia, délégué général de l’AFCAE, évoque des réponses venues « de partout, de l’Île-de-France à Marseille ».

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RA

Rima Aissanou

Rima Aissanou - Journaliste – Diaspora, tourisme et voyages

Rima Aissanou est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360, spécialisée dans les thématiques liées à la diaspora algérienne, au tourisme et aux voyages.

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