Grippe A/H1N1, des experts s’expriment : «Il faut se faire vacciner»

lundi 21 décembre 2009 à 0:05
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techkka_831491094.jpg«La grippe A/H1N1 connaîtra un pic vers les mois de février et mars et le risque d’une grande pandémie durant l’hiver 2010-2011 se profile face à la contagiosité de ce nouveau virus qui mute».

Tel a été l’avertissement lancé hier par le Dr. Yahia Mekki, virologue de l’hôpital Edouard de Lyon (France) et expert de l’Organisation mondiale de la santé.
Convié à une journée de formation et de sensibilisation sur la grippe A/H1N1, que l’Etablissement public hospitalier (EPH) Hassen Badi (El Harrach) a organisée, ce virologue a affirmé que «devant le spectre de la grippe A, seuls la vaccination et le respect des règles d’hygiène peuvent faire barrière à la propagation de la pandémie». Car « le vaccin qui protège jusqu’à 99 %, permet d’avoir l’immunité notamment pour le poumon, l’organe le plus touché par le virus et qui peut le détruire en 24 heures ».
Toutefois, ’orateur n’a pas exclu des effets secondaires d’un tel vaccin sur les personnes « tout comme n’importe quel autre vaccin qui comporte les mêmes probabilités de rejet ou d’effets secondaires » a-t-il expliqué. Mais le Dr. Yahia Mekki est resté muet quant à une éventuelle inefficacité du vaccin face à un virus qui mute.
Cette transformation inquiète même les experts de l’OMS qui «espèrent que les virus mutants prélevés uniquement chez les sujets décédés ne remplacent pas le virus mère», avoue M. Mekki. Car il faut bien le préciser, pour arriver à sa forme actuelle, le virus a bien muté depuis le siècle précédent jusqu’à sa récente réapparition, comme l’a rappelé le Dr. Kedjour.
LE VIRUS DÉTRUIT LES POUMONS EN 24 HEURES
Face à ce risque, la vaccination reste l’unique prévention avec l’administration de vaccin sans adjuvant pour seulement les immuno-déprimés VIH et les transplantés cardiaques. Le Pr. Bouhamed, infectiologue au CHU Frantz-Fanon (Blida), tout en prônant la nécessité de la vaccination, a insisté sur la priorité de faire vacciner les femmes enceintes.
«Le virus de la grippe A/H1N1 peut évoluer en 24 heures et décimer les poumons. Une parturiente enceinte de 24 ans s’est présentée avec un symptôme grippal, le deuxième jour, un poumon est devenu tout blanc. Aucune immunité n’existe contre ce virus car il n’a jamais existé sous cette forme », a-t-il expliqué.
Interrogé sur le retard de la vaccination en Algérie alors que les premières doses ont été reçues depuis une quinzaines de jours, le Dr. Mekki, tout étant étonné du retard, estime que le choix du laboratoire canadien GSK «est judicieux et fiable» et que l’Algérie qui a signé un protocole de fabrication doit mener des vérifications relatives à ce protocole pour s’assurer des conditions de la préparation du vaccin». Concernant la prise en charge thérapeutique de la grippe A/H1N1, le Pr. Bouhamed a estimé « qu’il faut savoir se préparer et préparer les structures de prise en charge des malades ».
La vaccination a été aussi au centre de l’intervention du Dr. Kedjour. « La vaccination est la méthode la plus efficace de la prévention et les adjuvants sont un renfort pour que le vaccin soit efficace ».
Pour ce qui est du risque des effets secondaires, notamment le syndrome Guillain-Barre (forme de scoliose), le Dr. Kedjour estime que «le risque est plus présent avec la grippe qu’avec le vaccin».
Unanimement, les intervenants aspirent à une vaccination rapide contre cette pandémie attendue vu les antécédents virologiques et les données scientifiques.

– L’Institut Pasteur d’Algérie, laboratoire référent de l’OMS
Suite à un protocole que signera prochainement l’Algérie avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) sera érigé en laboratoire référent en virologie. Cette signature intervient après la visite effectuée à l’IPA par une équipe d’experts de l’OMS, a annoncé, hier, le virologue Yahia Mekki lors d’une journée de sensibilisation sur la grippe A/H1N.

– Le Tamiflu dans les officines
La décision du ministère de la Santé d’approvisionner les pharmacies en Tamiflu et de le mettre à la portée des médecins traitants, a été approuvée par le corps médical chargé de la prise en charge des malades porteurs du virus A/H1N1. «Avec cette décision, nous pouvons prescrire un traitement curatif en attendant les résultats des prélèvements naso-pharagéniques d’autant que ces derniers nous arrivent trois jours après ce qui est parfois trop tard quand on sait que le virus est foudroyant et peut évoluer en 24 heures», explique le Pr Bouhamed du CHU de Blida.

Souhila Habib.

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