Grève illimitée des transporteurs : Le ministère ouvre le dialogue sur le Code de la route

Grève illimitée des transporteurs : Le ministère ouvre le dialogue sur le Code de la route
Grève des transporteurs

Depuis le 1er janvier, un mouvement de débrayage massif paralyse le transport de voyageurs et de marchandises dans plusieurs wilayas du pays. Entre l’augmentation surprise des prix du carburant à la pompe et le durcissement drastique des sanctions routières, les professionnels du secteur dénoncent crient à l’asphyxie économique.

En effet, le constat est sans appel depuis hier matin : gares routières désertes, camions de marchandises immobilisés et stations de taxis vides. Ce mouvement de grève illimitée, initié par les chauffeurs de poids lourds et de bus, a lourdement impacté le quotidien des citoyens dès le premier jour de l’an.

La paralysie ne se limite pas aux déplacements ; elle touche également l’approvisionnement. Des scènes d’encombrements inhabituels ont été signalées dans plusieurs stations-service, la population redoutant une rupture de stock généralisée, d’autant que les transporteurs de carburant ont rejoint le mouvement.

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Deux facteurs principaux ont mis le feu aux poudres :

  • La hausse des prix des carburants : Effective depuis le 1er janvier 2026, cette augmentation pèse directement sur les coûts d’exploitation des professionnels. Le gasoil passe à 31 DA (contre 29,1 DA), l’essence sans plomb à 47 DA et le GPL-c à 12 DA.
  • Le nouveau Code de la route : Adopté par l’APN le 24 décembre dernier, ce texte est qualifié de « déconnecté des réalités » par les syndicats. S’il vise une sécurité routière durable selon le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, les chauffeurs y voient un arsenal purement répressif qui fait peser l’entière responsabilité juridique sur leurs épaules, sans tenir compte de l’état des infrastructures.

Le nouveau cadre législatif introduit des mesures particulièrement sévères, classant les infractions en quatre degrés avec des amendes allant de 4 000 à 15 000 DA.

Grève des transporteurs : Réunion d’urgence au ministère pour désamorcer la crise

Face à l’urgence, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités Locales et des Transports a réagi ce vendredi 2 janvier. Une réunion de concertation a été présidée par le Secrétaire Général du ministère, sur instruction de Saïd Sayoud.

Le gouvernement tente d’apaiser les esprits en précisant que le projet de loi est encore en phase « d’enrichissement » et que les propositions des partenaires sociaux seront examinées. Par ailleurs, le dossier sensible des tarifs de transport a été officiellement ouvert pour trouver un équilibre entre la viabilité des entreprises et le pouvoir d’achat des citoyens.

Les grandes centrales syndicales (UGTA, UGCAA) appellent désormais à la retenue. L’enjeu immédiat est la rentrée scolaire prévue ce dimanche 4 janvier 2026. Le Syndicat National des Transporteurs par Taxi (SNTT) a déjà exhorté ses membres à assurer la continuité du service pour ne pas pénaliser les élèves.

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« Le dialogue sérieux est le seul moyen de garantir les droits des professionnels tout en préservant la stabilité », a souligné le communiqué de l’UGCAA. Reste à savoir si ces promesses de dialogue suffiront à faire reprendre la route aux milliers de transporteurs en colère d’ici dimanche.