Une pagaille sans pareille régnait mardi à l’aéroport parisien d’Orly-Sud où des voitures de police et une ambulance sont stationnés à l’extérieur pour parer à d’éventuels débordement et malaise parmi les voyageurs. A l’aérogare, la consternation et le dépit creusent le visage de plus d’un millier de passagers algériens ahuris par la longue attente qui leur est imposés pour prendre leurs vols respectifs.
La grève déclenchée lundi sans préavis par le personnel navigant commercial (stewards et hôtesses) de la compagnie nationale Air Algérie a cloué plusieurs avions au sol, pénalisant plusieurs voyageurs.
Difficile de se frayer un chemin parmi des centaines de chariots s’entrechoquant et croulant sous le poids de valises pleines à craquer. Les comptoirs d’enregistrement sont carrément pris d’assaut par les passagers mais points d’enregistrement, ni d’embarquement.
Dans la cohue et muni d’un haut-parleur, un homme tente de rassurer les clients de la compagnie nationale sur un probable vol, à destination de Tlemcen. C’est le chef d’escale, M. Mourad Mekroud. Mais personne ne l’écoute, la révolte gronde.
Une vieille dame n’arrive pas à tenir. Elle vient d’être opérée et ne peut pas rester longtemps assise. « J’ai du mal à tenir, je viens d’être opérée et tout le monde m’attend à Alger. Je me sens très fatiguée. Hier après-midi, déjà, j’étais ici, j’ai passé la nuit chez mon frère et je suis revenue aujourd’hui pensant que j’allais enfin embarquer », a-t-elle confié à l’APS.
Un passager, également âgé, ne comprend pas pourquoi il ne rentre pas chez lui. Lui aussi a passé la nuit à l’aéroport car il habite loin de Paris et ne peut pas, à chaque fois, payer un taxi dont les tarifs sont assez coûteux. Une mère de famille, un enfant pleurant dans les bras, alors que les autres insouciants gambadent entre les chariots, déclare qu’elle était loin d’imaginer la veille en préparant les valises avec son époux qu’ils allaient être « malmenés » de la sorte.
« Nous choisissons toujours notre compagnie nationale, malgré les multiples problèmes, mais nous sommes déçus », a-t-elle dit, apparemment dépitée par la tournure que prend leur voyage
