Obtenir la Green Card américaine est devenu, en ce mois de juillet 2026, un exercice encore plus périlleux qu’il ne l’était. L’administration Trump active simultanément plusieurs mécanismes destinés à restreindre l’accès à la résidence permanente aux États-Unis : des quotas de visas de travail déjà épuisés pour certaines catégories, un pouvoir de refus élargi aux dossiers comportant des irrégularités formelles, et une philosophie administrative qui transforme chaque demande en décision discrétionnaire.
Selon un rapport de Newsweek, ces changements s’appliquent dès ce mois-ci et courent jusqu’à la fin de l’exercice fiscal américain, fixée au 30 septembre prochain.
Pour des milliers de candidats, la première mauvaise nouvelle est arithmétique. Le bulletin mensuel des visas publié par le Département d’État pour juillet 2026 confirme que certaines catégories de visas de travail ont atteint leur plafond annuel légal bien avant l’automne. Plusieurs sous-catégories du visa investisseur EB-5 sont également concernées.
Concrètement, aucune nouvelle approbation ne sera délivrée dans ces filières avant le 1er octobre 2026, date d’ouverture du prochain exercice fiscal. Pour les candidats dont le dossier était en cours d’instruction, l’attente se prolonge mécaniquement de plusieurs mois supplémentaires.
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Le 10 juillet, une règle sur les signatures qui peut tout faire basculer
Au-delà des quotas, c’est une mesure entrée en vigueur le 10 juillet qui inquiète le plus les avocats spécialisés en droit de l’immigration. Une directive temporaire du Département de la Sécurité intérieure autorise désormais les agents de l’USCIS à rejeter ou annuler tout dossier ne comportant pas une signature conforme, y compris des demandes déjà acceptées et en cours de traitement.
L’impact financier peut être lourd. Un rejet pour ce motif entraîne la perte des frais de dépôt, sans remboursement possible. Le candidat doit alors recommencer l’intégralité de la procédure : nouveau formulaire, nouveaux frais, nouveau délai d’attente. Pour des familles qui ont parfois attendu des années avant d’atteindre ce stade, le coup est brutal.
La Green Card redéfinie comme un « acte discrétionnaire »
Le troisième volet de ces changements est peut-être le plus structurel. Une note de politique interne publiée par l’USCIS en mai dernier, et dont l’application est généralisée ce mois-ci, redéfinit le changement de statut vers la résidence permanente comme un « acte discrétionnaire ». En d’autres termes, remplir toutes les conditions légales ne suffit plus à garantir l’obtention de la carte verte.
Chaque agent instructeur est désormais invité à évaluer les dossiers individuellement, en tenant compte de critères qui dépassent le simple respect des exigences formelles. Des avocats spécialisés cités par Newsweek alertent sur les conséquences : cette approche introduit une part de subjectivité inédite dans un processus qui se voulait régi par des règles claires, et accroît considérablement l’incertitude pour les demandeurs.
Ce n’est pas la première fois que l’administration Trump recourt à ce type de levier. En mai dernier, une directive imposant aux candidats à la Green Card de déposer leur dossier depuis leur pays d’origine avait provoqué un tollé avant d’être partiellement suspendue. La marche arrière opérée début juin n’avait pas mis fin à la tendance de fond : restreindre, par tous les moyens disponibles, les voies légales d’accès à la résidence permanente.
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Un système sous pression jusqu’au 30 septembre 2026
Ces mesures s’appliquent à un système déjà saturé. Les délais de traitement s’allongent depuis plusieurs mois sous l’effet conjugué d’un stock de dossiers en attente et de plafonds légaux qui n’ont pas été revus à la hausse. Les restrictions actuelles, dans leur ensemble, resteront en place jusqu’au 30 septembre 2026.
Pour les candidats concernés, les prochains mois s’annoncent donc sous le signe d’une triple contrainte : moins de visas disponibles dans certaines filières, des règles procédurales plus sévères, et une marge d’appréciation élargie pour les agents instructeurs. La justice américaine avait certes invalidé en juin dernier certaines restrictions jugées illégales, mais les mesures annoncées ce mois-ci s’appuient sur des bases réglementaires différentes, rendant un nouveau recours judiciaire incertain.
Pour ceux qui envisagent de s’installer légalement aux États-Unis, la recommandation des spécialistes est unanime : vérifier scrupuleusement chaque document avant dépôt, surveiller les bulletins mensuels des visas, et anticiper des délais bien supérieurs à ceux d’il y a deux ans.
