Le procureur de la République près le tribunal d’El Harrach a requis les peines les plus sévères à l’encontre des prévenus poursuivis dans l’affaire des incidents ayant émaillé le stade Mouloud Zerrouki des Eucalyptus le 10 avril dernier, lors du match USM El-Harrach-ASM Oran, en deuxième division amateur. De graves incidents qui ont entrainé la dégradation volontaire de biens et d’agressions contre les forces de l’ordre. Le juge a, pour sa part, fixé au mercredi 13 mai courant la date du prononcé du verdict.
Selon le média « Echourouk », le représentant du ministère public a demandé à la juridiction de prononcer une peine de cinq ans de prison ferme contre 34 accusés, parmi lesquels figurent des mineurs et des individus déjà connus des services de justice. De son côté, l’APC des Eucalyptus a réclamé des dommages et intérêts estimés à 1,6 milliard de centimes, en réparation des pertes matérielles occasionnées. L’agent judiciaire du Trésor a, quant à lui, sollicité une indemnisation d’un million de dinars pour chaque prévenu, au profit du Trésor public.
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Les mis en cause ont été jugés devant le tribunal correctionnel d’El Harrach pour « incitation à des actes de violence au sein d’une enceinte sportive, dégradation volontaire de biens publics, atteinte à l’ordre public, ainsi que violences contre les forces de sécurité dans l’exercice de leurs fonctions ».
Graves incidents au stade Mouloud Zerrouki
Les faits remontent au 10 avril dernier. Environ dix minutes après le début de la seconde période du match opposant l’USM El Harrach à l’ASM Oran, dans le cadre du championnat de la deuxième division amateur, au stade Mouloud Zerrouki, sis dans la commune des Eucalyptus (Alger), et juste après l’encaissement du deuxième but par l’équipe locale, des violences ont éclaté. Un groupe restreint de supporters a tenté d’envahir la pelouse avant de procéder à des actes de vandalisme généralisés, détruisant sièges, clôtures métalliques et tribunes, notamment la tribune officielle réservée aux invités.
Les émeutiers ont également forcé l’accès à deux salles servant d’entrepôts à un entrepreneur, saccageant les portes et s’emparant de divers équipements, dont des bidons d’essence utilisés pour des travaux de peinture. Ils ont en outre pris pour cible des véhicules et des éléments de la sûreté nationale, en les caillassant et en tentant d’incendier un véhicule des unités de maintien de l’ordre.
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Mauvais perdants, les supporters impliqués sont à l’origine de ces actes. L’intervention des forces de sécurité a toutefois permis de maîtriser la situation et d’assurer la protection des joueurs et des officiels. Le bilan fait état d’importants dégâts matériels ainsi que de blessés parmi les forces de l’ordre : trois policiers ont été grièvement touchés, dont deux souffrent de fractures et un troisième d’une blessure à l’œil droit, causée par un jet de substance inconnue. Selon les expertises médico-légales, ces violences ont pu entraîner des pertes en vies humaines ou des séquelles permanentes.
Présentés devant le procureur de la République près le tribunal d’El Harrach, les suspects ont été déférés devant le juge d’instruction. Ce dernier a ordonné le placement en détention provisoire de 14 d’entre eux, tandis que d’autres ont été placés sous contrôle judiciaire. Par ailleurs, 10 membres d’un comité de supporters ont été remis en liberté, alors que six autres personnes ont été purement et simplement acquittées.
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