Gouvernance mafieuse

mercredi 12 juin 2019 à 10:12
Source de l'article : Lequotidien-oran.com

par Moncef Wafi

Gouvernance mafieuse

Tout le monde peine à le croire mais de hauts responsables de l’Etat sont en train d’être officiellement impliqués par la justice dans de graves dossiers de dilapidation de deniers publics, abus de pouvoir à l’effet d’accorder d’indus privilèges en violation des lois et réglementations ou encore de conclusion de contrats, de marchés et d’avenants en violation des dispositions législatives et réglementaires en vigueur à l’effet d’octroyer des avantages injustes à autrui. Ainsi, après l’affaire Haddad, c’est au tour de Tahkout d’entraîner Premiers ministres et ministres devant la justice en attendant ce que donneront les autres dossiers.

La chute de tout ce beau monde n’est due qu’à la mobilisation populaire qui aura marqué de son empreinte le destin du pays et précipité une prise de conscience générale divulguant au grand jour un véritable système mafieux érigé en mode de gouvernance. Ces enquêtes ne sont pourtant que le sommet de l’iceberg tant la corruption et les passe-droits ont été les maîtres mots de la politique économique du régime bouteflikien. L’émergence d’une oligarchie prédatrice a été rendue possible par la volonté du système à monnayer ses faveurs et à carrément mettre en place une armée d’hommes d’affaires de paille au service d’une caste qui a littéralement ruiné l’Algérie. Non content de phagocyter tous les secteurs au seul bénéfice du clan, cette politique a sérieusement porté atteinte à la sûreté même du pays. Tout a été mis au point pour détruire les fondements de l’indépendance économique et politique vis-à-vis de Paris et des monarchies du Golfe, exposant dangereusement le flanc du pays aux manœuvres déstabilisatrices de ses ennemis.

Cependant, et malgré cette grande offensive de la justice, l’opinion publique reste toujours dans l’expectative, attendant de voir l’issue de cette opération mains propres pour juger de la crédibilité de l’action. On soupçonne, en effet, le pouvoir de jouer la carte du temps en donnant l’illusion d’une justice au-dessus de tout justiciable quels que soient son rang ou son patronyme. Les Algériens, refroidis par les simulacres de procès à l’image de ceux de Khalifa, l’autoroute Est-Ouest ou encore la franchise Sonatrach, veulent juger sur pièce pour donner du crédit à cette justice dont on doute encore de son indépendance vis-à-vis de l’exécutif. Ces affaires sont également perçues comme un atout dans la manche de l’institution militaire qui cherche, à travers la justice, à donner des gages de garantie au peuple en accompagnant son action.

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