GNL : ce pays détrône la France et devient le 1ᵉʳ client de l’Algérie

GNL : ce pays détrône la France et devient le 1ᵉʳ client de l’Algérie
Exportations de gaz

Au premier trimestre 2026, le marché algérien du GNL évolue dans un contexte de recul des volumes et de redistribution des flux commerciaux.

Les exportations enregistrent une baisse par rapport à la même période de l’année précédente, confirmant une tendance engagée depuis 2024, tandis que la structure des principaux clients se réorganise sous l’effet des ajustements de la demande européenne.

Entre contraintes géopolitiques, rééquilibrages d’approvisionnement et variations mensuelles marquées, les données du début d’année dessinent un marché en phase de transition, où les positions dominantes continuent d’évoluer.

Exportations de GNL algérien : un recul marqué malgré un rebond en fin de trimestre

Les chiffres du premier trimestre 2026 confirment une tendance baissière. Les exportations algériennes de GNL se sont établies à 2,04 millions de tonnes, soit une diminution de 8,5 % par rapport à la même période en 2025. Cela représente un recul d’environ 190 000 tonnes et constitue le niveau trimestriel le plus faible depuis 2013.

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Sur une période plus longue, la contraction apparaît plus nette :

  • 2,98 millions de tonnes au premier trimestre 2024
  • 2,23 millions de tonnes en 2025
  • 2,04 millions de tonnes en 2026

En deux ans, la baisse cumulée atteint 940 000 tonnes, soit un recul de 31,5 %. Comparé au quatrième trimestre 2025, le niveau actuel reste inférieur de 580 000 tonnes, loin du pic de 3,27 millions de tonnes enregistré au deuxième trimestre 2024.

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Dans ce contexte, la dynamique mensuelle apporte toutefois un éclairage plus nuancé. Après un début d’année modéré, la fin du trimestre marque un redressement :

  • Janvier 2026 : 440 000 tonnes (+13 % sur un an)
  • Février 2026 : 670 000 tonnes (légère baisse annuelle)
  • Mars 2026 : 940 000 tonnes

Le mois de mars constitue ainsi le point haut du trimestre, avec une progression de près de 40 % par rapport à février. Cette reprise s’explique par une demande accrue pour des approvisionnements jugés plus proches et sécurisés, dans un contexte de prudence européenne face aux risques géopolitiques.

GNL algérien : la Turquie devient le premier client et concentre les flux

Le principal fait marquant du trimestre reste le changement de leadership parmi les importateurs. La Turquie s’impose désormais comme le premier client du GNL algérien.

Au total, elle a importé 1,02 million de tonnes entre janvier et mars 2026, soit près de 50 % des exportations. Ce niveau confirme la solidité de sa demande, globalement stable par rapport à l’année précédente.

La France recule à la deuxième place avec 610 000 tonnes, contre 693 000 tonnes un an plus tôt. Toutefois, la demande française a nettement rebondi en mars, atteignant 347 000 tonnes, signe d’un ajustement rapide face aux incertitudes géopolitiques.

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Cette concentration des volumes vers la Turquie accentue la dépendance du marché algérien à un nombre limité de clients, même si la demande globale reste soutenue.

Une diversification progressive des débouchés en Europe

Parallèlement, plusieurs marchés européens montrent des signes de diversification, contribuant à élargir la base des clients du GNL algérien.

Le Royaume-Uni enregistre la progression la plus notable, avec des importations passées de 60 000 tonnes au premier trimestre 2025 à 140 000 tonnes en 2026, soit une hausse d’environ 130 %.

D’autres pays affichent également des évolutions significatives :

  • Italie : 130 000 tonnes, en légère hausse
  • Espagne : retour avec une cargaison unique d’environ 73 000 à 74 000 tonnes en mars
  • Croatie : 72 000 tonnes après une absence l’an dernier

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Ces mouvements traduisent un élargissement progressif du réseau européen, dans un contexte où les pays cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement et à réduire leur exposition aux zones à risque.