Par le décret présidentiel n° 26-149 du 9 avril 2026, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a acté un transfert de compétences majeur. Plusieurs piscines emblématiques de la capitale quittent la tutelle du ministère des Sports pour passer sous l’autorité directe de la Wilaya d’Alger. Une décision qui sonne comme un désaveu pour les anciens gestionnaires et une marque de confiance envers le Wali, Abdennour Rabehi (ou l’actuel Wali en poste).
Ce redéploiement stratégique vise à stopper la dégradation alarmante des infrastructures aquatiques de la capitale, minées par des années de gestion approximative et de défaut d’entretien.
Un périmètre d’intervention élargi pour la Wilaya
Le transfert de gestion ne concerne pas de simples bassins de quartier, mais les fleurons du patrimoine sportif algérois. La liste officielle inclut :
- Les piscines olympique (couverte et découverte) du Complexe du 5-Juillet.
- La piscine olympique du 1er-Mai, emblématique mais souvent fermée.
- Les piscines semi-olympiques de Ghermoul, Kouba et du Centre sportif féminin de Ben Aknoun.
- La piscine El-Kettani (Bab El Oued) et celle du martyr Baha Mohamed.
Désormais, la Wilaya d’Alger est habilitée à gérer ces sites soit par ses propres moyens, soit via ses entreprises publiques locales (EPIC), avec une obligation de résultats : assurer la continuité du service public et moderniser l’accueil des athlètes et des citoyens.
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Un constat d’échec pour le ministère des Sports
Ce décret présidentiel intervient dans un climat de forte grogne sociale. Depuis plusieurs saisons, les clubs de natation et les familles algéroises dénoncent l’état de délabrement des installations. Entre pannes récurrentes de filtrage, vestiaires insalubres et fermetures prolongées (notamment au 1er-Mai et à Ben Aknoun), la gestion sous l’égide de l’Office du Complexe Olympique (OCO) et du ministère des Sports a montré ses limites.
Selon les experts de gestion publique, ce transfert est un signal fort envoyé à la bureaucratie centrale : la proximité et les moyens logistiques des collectivités locales sont désormais privilégiés pour garantir la durabilité des investissements de l’État.
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Vers un effet domino sur les grands stades ?
Cette décision soulève une question cruciale : ce modèle de gestion locale sera-t-il étendu aux nouvelles enceintes mondiales ? Si le Wali d’Alger gère déjà le Complexe Riadh El Feth et désormais les piscines, l’avenir de stades comme Nelson Mandela (Baraki) ou Hocine Aït Ahmed (Tizi Ouzou) est au centre des débats.
Actuellement sous tutelle de l’OCO ou des directions locales de la jeunesse et des sports (DJS), ces enceintes de nouvelle génération nécessitent une maintenance de haute technicité et des budgets colossaux que les structures actuelles peinent à mobiliser. Le passage de la « piscine » au « stade » pourrait être la prochaine étape d’une réforme globale du management sportif en Algérie, vers plus de professionnalisme et de responsabilité locale.
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