Gestion des entreprises publiques industrielles,Sellal savonne les présidents des directoires

Gestion des entreprises publiques industrielles,Sellal savonne les présidents des directoires

412-abdelmalek-sellal.jpgL’Etat a dépensé un argent fou pour leur mise à niveau, mais les entreprise publiques industrielles sont toujours convalescentes et ont du mal à passer à la vitesse supérieure.

Depuis qu’il a été intronisé Premier ministre, Abdelmalek Sellal multiplie les déclarations et les sorties sur le terrain. Après les tournées marathon qu’il a effectuées à travers de nombreuses wilayas du Sud pour tenter de trouver des solutions urgentes et rationnelles aux problèmes que rencontrent les populations de ces contrées, le nouvel homme fort du gouvernement a repris son bâton de pèlerin en rencontrant, jeudi, des présidents des directoires des SGP de l’industrie. Persuadé que le secteur industriel bat de l’aile et que les entreprises publiques font du sur-lace et n’arrivent pas à passer à la vitesse supérieure pour stimuler l’emploi et favoriser la croissance,

M.Sellal impute la responsabilité aux 26 présidents des directoires qui n’ont pas appliqué, selon lui, les orientations du gouvernement. «Les entreprises publiques industrielles sont appelées à passer à la vitesse supérieure en matière de développement et de création d’emplois et ne plus continuer à faire dans la médiocrité», a-t-il fait savoir. Rappelant les moyens financiers colossaux débloqués par l’Etat pour la mise à niveau des entreprises publiques industrielles, le Premier ministre a réitéré la position de l’Algérie qui continuera à compter sur le secteur public qu’elle maintiendra en force, à condition que les choses changent, souligne-t-il, et que les entreprises se montrent plus productives et plus agressives. «Beaucoup d’argent a été dépensé, mais les indicateurs de gestion des entreprises publiques restent en deçà de nos attentes», a-t-il déclaré. Le recul enregistré dans certaines filières tels la métallurgie, le phosphate, le ciment ou l’agroalimentaire est considéré comme très inquiétant.et pénalise lourdement l’économie nationale. Selon le Premier ministre, il y a beaucoup à dire concernant le management et la manière avec laquelle sont gérées les entreprises publiques industrielles qui ont vu leur production baisser sensiblement, alors qu’elles auraient dû l’améliorer et créer des milliers d’emplois. Dressant un constat sévère, Abdelmalek Sellal exhorte les entreprise publiques à améliorer leur management, en étant plus audacieuses. Prônant un partenariat gagnant-gagnant, il a indiqué que la période de grâce est terminée et que les entreprises doivent, désormais, voler de leurs propres ailes et qu’elles ne doivent compter que sur elles-mêmes. «Il ne faut pas continuer à penser que tout doit venir de l’Etat. L’entreprise publique doit faire face à son marché, développer son contrôle interne et adopter une gestion économique plus moderne et plus souple», a indiqué, pour sa part, le ministre des Finances, Karim Djoudi. Faisant partie des membres du gouvernement qui ont pris part à la réunion présidée par Abdelmalek Sellal, le grand argentier du pays s’est adressé, à son tour, aux 26 présidents des directoires, en rappelant les efforts consentis ces dernières années par l’Etat pour la mise à niveau des entreprises publiques. Selon lui, l’Etat a déboursé 1000 milliards de dinars pour assainir les entreprises et aider celles qui étaient en difficulté. 900 milliards ont été consacrés à cet assainissement, 60 milliards pour le soutien de fonds de roulement et 29 milliards de dinars pour éponger les redevances bancaires, constituées essentiellement des frais d’agios impayés. «Avec un engagement bancaire de 2138 milliards de dinars au profit du secteur public, le gouvernement aurait souhaité avoir un bon niveau de dividendes versé au Trésor public», a confié Karim Djoudi. Intervenant, à leur tour, les responsables des SGP ont essayé de se justifier, en expliquant que «la situation déficitaire des entreprises publiques entravait leur développement dans le passé». Reconnaissant que ces entraves n’existent plus aujourd’hui, ils tablent sur une hausse future de la production et la création de nombreux postes d’emploi. Déplorant l’ampleur du marché informel, ils ont sollicité du gouvernement la suppression de certaines taxes, proposition irréaliste, a estimé M.Sellal qui a confié que la suppression de la TVA n’était pas une option pour le gouvernement. «Je ne proposerai jamais de réduire la TVA, par exemple, car c’est une taxe qui génère des ressources importantes pour le budget de l’Etat», a- t-il répondu, soulignant que la lutte contre le chômage est la mère des batailles pour répondre à l’attente des jeunes.