Gestion cynégétique : Réhabiliter le cerf de Berbérie pour l’ouvrir à la chasse

Gestion cynégétique : Réhabiliter le cerf de Berbérie pour l’ouvrir à la chasse

chasse-1.1228046984.jpgAprès les lâchers dans la forêt d’Akfadou, en Kabylie, et à Collo de sujets reproduits ex situ au niveau du Centre cynégétique de Zéralda, ce dernier a entamé la deuxième partie de son programme à savoir la réintroduction de cette espèce dans son milieu naturel afin de permettre aux animaux de se reproduire dans des conditions naturelles, loin de tout contact homme-animal dans le but d’accroître leurs chances d’intégration en vue du repeuplement du massif forestier de l’Akfadou et de Skikda qui constitue, en fait, la troisième et ultime étape dans le programme de réhabilitation du cerf.

Les responsables du projet tablent sur 20 femelles en âge de se reproduire pour lancer cette troisième étape de leur projet.

C’est très long, le cerf a une portée par an et une seule naissance par portée.

L’importance de la chasse pour l’écologie. Voilà un sujet qui ne fait pas l’unanimité. La chasse, à travers l’acte de tuer un animal, quel qu’il soit, étant considérée comme une activité antinomique avec la protection de la nature.

Or, l’importance de la chasse dans la conservation de la biodiversité est bel et bien prouvée et les activités cynégétiques régies par le code de l’environnement.

Ainsi, la pratique de la chasse implique, entre autres, la gestion des espèces cynégétiques, l’aménagement de leur milieu et l’amélioration de la pratique de la chasse par des actions comme les lâchers de gibier, la régulation des prédateurs ou encore l’agrainage. Le but étant d’assurer un équilibre agro-sylvico-cynégétique et, par la même occasion, une bonne gestion de la faune sauvage dans un habitat naturel préservé.

Le centre de Zéralda s’intéresse au cerf de Berbérie depuis 1992. Sa protection entre dans le cadre de la préservation des espèces endémiques à l’Afrique du Nord. Il est sans conteste le dernier cervidé en survivance. La première étape a consisté en la reproduction de cette espèce dans des conditions en intensif afin de disposer d’un noyau suffisant qui a permis la réintroduction de cette espèce dans son milieu naturel.

Les premières infrastructures qui ont abrité le noyau de base des cerfs ramenés de la réserve de chasse de Mascara, du parc zoologique de Ben Aknoun et du parc national d’El-Kala ont été réalisées au niveau du centre en question. Le cerf est un animal qui vivait, semble-t-il, dans les plaines.

Ce serait la prédation qui l’aurait poussé à se retrancher dans les massifs forestiers. Actuellement, cette espèce forestière se fait très rare. “Depuis la période romaine à aujourd’hui, cet animal fait l’objet de persécution et de prédation. Le cerf a toujours suscité l’intérêt des chasseurs qui l’apprécient pour sa chair et pour le plaisir qu’il procure pendant la chasse. On le retrouve dans les scènes de chasse antique. En Europe, le cerf constitue une part importante dans les tableaux de chasse et dans la vénerie (chasse à courre)”, souligne M. Gouichiche. Et d’ajouter : “Le cerf, à l’instar des autres animaux, joue un très grand rôle dans la pyramide écologique. Sa disparition entraînera des perturbations dans l’équilibre de cette dernière.”

Cet animal herbivore contribue principalement à l’ouverture des milieux. Le premier lâcher dans la forêt de l’Akfadou a eu lieu en 2005 puis en 2006.

Un mâle et deux femelles ont été relâchés dans un enclos de 110 hectares pendant deux années consécutives. Deux autres femelles ont été ramenées gracieusement de Tunisie en 2007.

Actuellement, ils se reproduisent naturellement. “Ce sont les animaux nés dans la forêt qui garantiront la réussite de l’opération. Nous avons eu sept naissances à ce jour : deux naissances en 2006, une en 2007, deux en 2008 et deux autres en 2009”, explique M. Gouichiche. Le cerf est un animal protégé.

Il est classé dans le tableau C de l’UICN. C’est une espèce en voie de disparition qui ne peut être chassée que sur autorisation des plus hautes autorités de l’État. Mises à part la préservation et la réhabilitation de l’espèce, les techniciens ont pour objectif final de la déclasser et de la restituer à la chasse.

C’est ce qu’ont déjà fait les Tunisiens qui comptent aujourd’hui 2 000 sujets. “Cependant, l’avenir du cerf est en Algérie. Ici, son aire de répartition naturelle, sans compter celle de Skikda, de Jijel et de l’Akfadou, est de 200 000 hectares, contre 20 000 en Tunisie !” conclut notre interlocuteur.

En attendant la reprise des activités cynégétiques, la chasse en l’occurrence, interdite pour des raisons sécuritaires, le cerf est libre de bramer où bon lui semble.