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Gazoduc transsaharien : l’Algérie en chantier avant le projet Maroc-Nigeria

Gazoduc transsaharien : l’Algérie en chantier avant le projet Maroc-Nigeria
Le chantier du gazoduc transsaharien a été lancé le 4 juin à Aoulef, dans la wilaya d'Adrar. (Photo d'illustration)
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Le gazoduc transsaharien (TSGP) avance sur deux fronts. L’Algérie a ouvert son chantier en juin, et le Niger lance début octobre les relevés topographiques de son tronçon.

L’autre projet de gazoduc au départ du Nigeria suit un calendrier différent. Le gazoduc africain atlantique, porté par le Maroc et le Nigeria, attend encore sa décision finale d’investissement.

Gazoduc transsaharien : des relevés au Niger dès octobre

Le ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tini, a fixé le début des relevés topographiques au début du mois d’octobre. Des équipes nigériennes doivent d’abord déterminer et finaliser le tracé.

Des études environnementales, d’impact et géotechniques accompagneront ensuite ces opérations. Selon le ministre, Niamey travaille également avec Alger pour harmoniser le calendrier des deux parties.

L’annonce suit la visite du ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, à Niamey les 21 et 22 septembre. Les échanges ont porté sur l’accélération des études du tronçon nigérien.

Un chantier algérien ouvert le 4 juin à Aoulef

Côté algérien, les travaux ont démarré le 4 juin 2026 à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar. Les ministres des Hydrocarbures de l’Algérie, du Niger et du Nigeria ont lancé le chantier ensemble.

Selon les données les plus récentes de Sonatrach, le TSGP s’étend sur environ 4 128 kilomètres. Le tronçon nigérien en représente 841.

Par ailleurs, les trois pays ont adopté en juin une étude de faisabilité actualisée. En mars, Alger et Niamey avaient aussi signé un mémorandum d’entente sur la formation, les échanges d’experts et le transfert de technologie.

À lire aussi : Hydrocarbures : L’Algérie au cœur des plus grands accords pétroliers d’août 2026

Gazoduc Maroc-Nigeria : une décision d’investissement visée fin 2026

Des médias marocains ont rapporté le contenu de l’étude d’impact de la section marocaine, supervisée par l’ONHYM et NNPC. Ce document fixe la décision finale d’investissement au quatrième trimestre 2026.

La construction de la section marocaine doit ensuite durer environ deux ans et demi. Elle couvre près de 2 220 kilomètres, dont 390 en mer.

En juillet, NNPC et l’ONHYM ont détaillé les étapes restantes dans un communiqué commun. Les deux compagnies doivent d’abord créer une société de projet à Casablanca et une autorité de gouvernance à Abuja. Les investisseurs n’interviendront qu’ensuite, avant la décision d’investissement.

En avril, aucun engagement de financement définitif n’était acquis, selon la revue américaine Pipeline & Gas Journal. Après le feu vert de la CEDEAO, il reste à financer et construire le projet, relève de son côté Jeune Afrique.

Carte comparant le gazoduc transsaharien (Nigeria-Niger-Algérie) et le gazoduc africain atlantique (Maroc-Nigeria) : tracés, longueurs et jalons

Le gazoduc transsaharien (Nigeria-Niger-Algérie) face au gazoduc africain atlantique (Maroc-Nigeria) : deux tracés, deux calendriers. (Infographie : Algérie360)

Un premier gaz en 2031, venu de Mauritanie et du Sénégal

La première phase du gazoduc atlantique ne touche pas le Nigeria. Elle relie d’un côté le Maroc aux gisements de Mauritanie et du Sénégal, de l’autre le Ghana à la Côte d’Ivoire.

Selon l’étude d’impact, la mise en service commerciale de cette phase doit intervenir au deuxième trimestre 2031. Le raccordement aux gisements nigérians relève en revanche de phases ultérieures.

Au total, le gazoduc atlantique doit s’étendre sur environ 6 900 kilomètres à travers 13 pays, selon le magazine African Business. Son coût est estimé à 25 milliards de dollars.

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NNPC refuse d’opposer les deux gazoducs

Au Nigeria, la compagnie nationale NNPC défend les deux projets. Son porte-parole, Andy Odeh, a démenti en août auprès du quotidien nigérian Daily Trust tout abandon du TSGP au profit du gazoduc atlantique.

Selon lui, les deux projets ne s’excluent pas. Il a toutefois cité la sécurité, l’instabilité au Sahel et les rapports entre l’Algérie et le Maroc parmi les difficultés du TSGP.

« Néanmoins, le TSGP continue de progresser de manière professionnelle », a-t-il déclaré. Il a également évoqué la dernière réunion du comité de pilotage du projet, tenue le 3 juin 2026.

Gazoduc transsaharien : un rapprochement Alger-Niamey engagé en février

La relance du TSGP accompagne le rapprochement entre l’Algérie et le Niger. Le général Abdourahamane Tiani s’est en effet rendu en Algérie en février 2026, avant la Grande commission mixte de mars.

À terme, le projet transsaharien doit raccorder les réserves gazières du Nigeria au réseau algérien. Ce réseau porte déjà une production de 62,6 milliards de m³ en sept mois.

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AS

Ahmed Saifi

Journaliste senior – Politique, actualité nationale et société

Ahmed Saifi est journaliste senior au sein de la rédaction d'Algerie360. Fort de plus de vingt années d'expérience dans le journalisme, il suit et analyse les grands enjeux politiques, institutionnels et sociaux qui façonnent l'actualité algérienne.

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