Alors que l’Europe accélère sa sortie du gaz russe, l’Algérie se positionne comme un acteur central dans la sécurité énergétique du continent.
Selon Diego Mellado Pascua, ambassadeur de l’Union européenne en Algérie, Bruxelles mise sur le pays comme partenaire stratégique, non seulement pour le secteur énergétique. Mais également pour le développement économique et commercial à l’échelle régionale.
L’Europe voit en la zone méditerranéenne un espace complémentaire, riche en opportunités, capable de renforcer une coopération bilatérale déjà jugée « prometteuse et fructueuse ».
Fin du gaz russe : l’Algérie au centre de la transition européenne
Lors d’un entretien avec le média Echorouk, Diego Mellado a rappelé que l’UE avait décidé de réduire progressivement sa dépendance au gaz russe avant de franchir l’étape finale. L’interdiction complète des importations de gaz en provenance de Russie.
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« L’Europe se dirige vers une interdiction légale définitive », a-t-il précisé. Soulignant le rôle crucial que pourrait jouer le gaz algérien dans ce processus. Cette transition n’est plus seulement économique, elle revêt désormais un caractère juridique et stratégique incontestable.
Algérie – UE : un dialogue de haut niveau pour consolider la coopération
Les prochaines semaines devraient être marquées par une intensification des visites à haut niveau entre Alger et Bruxelles. Selon l’ambassadeur européen, ces échanges viseront à :
- Renforcer les liens bilatéraux à travers des visites ministérielles, notamment avec Ahmed Attaf et ses homologues européens.
- Développer le dialogue économique et l’investissement. Notamment via le Banque européenne pour la reconstruction et le développement, afin de créer des chaînes de valeur communes.
- Promouvoir l’intégration régionale, en tirant parti de la position géostratégique de l’Algérie, à l’entrée de l’Afrique, pour stimuler les projets conjoints à l’horizon 2026-2027.
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Mellado a insisté sur la nécessité d’un dialogue constant et rapproché, en particulier dans le cadre du partenariat méditerranéen, « pour diversifier et intensifier la coopération au-delà du secteur énergétique ».
Accélérer la modernisation des relations commerciales
Les négociations autour de l’accord de partenariat avec l’UE, qui concerne les 27 États membres, restent en cours. L’ambassadeur européen a expliqué que l’objectif est de faciliter l’accès des produits algériens à l’Europe tout en renforçant les investissements européens en Algérie. Le but est de créer des synergies industrielles et des chaînes de valeur partagées, à condition que la volonté de coopération soit pleinement affirmée des deux côtés.
Au-delà de l’énergie, Diego Mellado a souligné l’importance pour l’UE que tous ses États membres entretiennent des relations stables avec l’Algérie. Comme en témoigne l’exemple de la visite du ministre français de l’Intérieur Laurent Nunez. Une relation bilatérale solide avec Alger favorise une coopération plus harmonieuse avec le bloc européen dans son ensemble.
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L’Algérie apparaît donc aujourd’hui non seulement comme un fournisseur potentiel de gaz stratégique. Mais aussi comme un partenaire régional capable de stimuler investissements, commerce et intégration méditerranéenne.
