Urgent
Algérie

Gaz : l’Algérie verrouille sa position sur le marché italien avec 56 % des importations

Gaz : l’Algérie verrouille sa position sur le marché italien avec 56 % des importations
GAZ Algérie-Italie
Suivre Algérie 360° sur Google Actualités

Face au recul progressif des flux russes et aux incertitudes du marché mondial de l’énergie, Rome a trouvé un point d’ancrage important. Au cours du premier semestre 2026, l’Italie aura davantage appuyé sa sécurité énergétique sur son voisin transméditerranéen.

Selon le dernier rapport publié par l’opérateur d’infrastructures Snam, le corridor gazier reliant l’Algérie à la péninsule italienne ne s’est pas contenté de résister à la baisse globale de certains flux : il a contribué de manière significative à compenser le recul enregistré sur d’autres voies d’approvisionnement.

Tous les voyants opérationnels du terminal de Mazara del Vallo, point d’atterrissage du gazoduc TransMed en Sicile, affichent une solide progression.

Un pivot géographique poussé par l’essor de Mazara del Vallo

Alors que les entrées globales de gaz aux frontières italiennes se sont repliées à 20,52 milliards de mètres cubes sur les six premiers mois de l’année, le point d’interconnexion sicilien a enregistré une hausse de sa charge pour atteindre 11,41 milliards de mètres cubes, en progression de 470 millions par rapport à la même période en 2025.

À lui seul, le tuyau algérien a drainé près de 56 % des importations transfrontalières par gazoduc et un peu plus du tiers de l’ensemble du gaz injecté dans le réseau transalpin, avec un débit quotidien moyen oscillant autour de 63 millions de mètres cubes.

🟢 A LIRE AUSSI : Hydrocarbures : SONATRACH signe son grand retour en Inde

Cette montée en puissance du gaz algérien renforce sensiblement son poids dans le mix d’approvisionnement italien. L’apport du corridor transméditerranéen surpasse désormais de plus de 8 % l’ensemble des livraisons cumulées des cinq terminaux méthaniers de regazéification du pays, pourtant soutenus par l’effort de diversification vers le gaz naturel liquéfié.

Un actif stratégique hautement rentable pour l’axe Alger-Rome

Dans le même temps, les autres canaux traditionnels s’essoufflent, à l’image du point de Passo Gries, porte d’entrée du gaz nord-européen en baisse de 17 %, ou du gazoduc GreenStream en provenance de Libye, dont les volumes se sont effondrés de plus de 63 %.

Au-delà de la seule performance opérationnelle, l’axe Alger-Rome confirme sa pertinence stratégique et financière. La coentreprise SeaCorridor — fondée par le géant Eni et Snam pour gérer les tronçons tunisien et sous-marin du réseau — fonctionne désormais à des niveaux d’utilisation très proches de sa capacité maximale.

🟢 A LIRE AUSSI : Algérie-Allemagne : le contrat Sonatrach-VNG parmi les plus importants accords gaziers arabes de juillet

Sécurisé par des contrats d’approvisionnement à long terme qui protègent l’opérateur contre la volatilité des marchés d’achats au comptant, l’ouvrage s’affirme comme un actif particulièrement rentable.

Snam a ainsi engrangé 15 millions d’euros de dividendes au premier semestre au titre de sa participation dans le segment maritime du pipeline.

Alors que la production nationale italienne continue de décliner pour tomber à 1,41 milliard de mètres cubes sur le semestre, les flux acheminés par Mazara del Vallo représentent aujourd’hui plus de huit fois la totalité de l’extraction domestique de la péninsule. Une asymétrie qui confirme le rôle désormais central de l’Algérie dans l’approvisionnement gazier italien.

AA

Amina Aouadi

Journaliste – Analyse, économie et société

Amina Aouadi est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360, spécialisée dans les analyses de l'actualité économique et les grands sujets de société.

Voir tous les articles de Amina Aouadi →

À lire aussi

La une du jour

Extra contenu