Gaz et pétrole : l’Algérie lance la chasse au gaspillage pour sauver ses exportations

Gaz et pétrole : l’Algérie lance la chasse au gaspillage pour sauver ses exportations
Hydrocarbures : un changement stratégique qui pourrait tout transformer

Chaque baril brûlé inutilement dans une raffinerie est un manque à gagner pour les caisses de l’État. Pour stopper cette hémorragie, le gouvernement installe une « task force » intersectorielle. L’objectif ? Récupérer les volumes d’hydrocarbures gaspillés pour les réorienter vers l’exportation et le développement industriel.

L’Algérie ne veut plus simplement extraire des hydrocarbures ; elle veut apprendre à ne plus les consommer à perte. Alors que la consommation interne d’énergie explose, menaçant à terme les volumes destinés à l’export, le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, a activé ce lundi un levier stratégique : la Commission intersectorielle pour la maîtrise de l’énergie.

Ce n’est pas qu’une simple réunion administrative, c’est un plan de sauvetage de la rente nationale.

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Le « manque à gagner » dans le viseur

Le constat est simple : les sites de production, les raffineries et les unités de liquéfaction de Sonatrach sont eux-mêmes de gros consommateurs d’énergie (autoconsommation). En améliorant l’efficacité de ces installations, l’Algérie vise une réduction substantielle des coûts d’exploitation.

L’enjeu est chiffré en millions de dollars : chaque mètre cube de gaz économisé grâce à de meilleures technologies de combustion ou à l’isolation thermique est un mètre cube qui peut être vendu sur le marché mondial au prix fort ou transformé en engrais et plastiques localement.

Du pétrole au solaire : l’industrie change de carburant

Pour doper ses revenus sans puiser davantage dans ses réserves, le secteur des hydrocarbures entame sa propre mue. Le plan d’Arkab repose sur trois piliers concrets qui vont transformer le paysage industriel :

  • L’énergie solaire comme moteur : Au lieu de brûler du gaz pour faire tourner ses pompes et ses usines, Sonatrach va déployer des parcs photovoltaïques massifs sur ses sites de production. Le soleil du Sahara servira désormais à extraire le pétrole de demain.
  • La fin du gaz brûlé : L’Algérie accélère sa lutte contre le torchage. Ces flammes visibles au-dessus des champs pétroliers représentent une ressource précieuse qui s’évapore en fumée noire. Leur récupération est une priorité pour doper les stocks exportables.
  • L’audit « zéro gaspillage » : Une inspection systématique des raffineries est lancée. L’idée est de traquer la moindre fuite thermique et de moderniser les machines énergivores.

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L’hydrogène vert, le futur relais de croissance

Au-delà de l’optimisation, l’Algérie prépare l’après-pétrole. En misant sur l’hydrogène vert en partenariat avec des leaders mondiaux, le pays ne se contente plus de verdir son image. Il cherche à sécuriser sa place de fournisseur stratégique de l’Europe, qui réclame de plus en plus d’énergies décarbonées.

En maîtrisant sa boulimie énergétique interne, l’Algérie fait d’une pierre deux coups : elle répond à ses engagements climatiques (baisse des gaz à effet de serre) et consolide surtout son équilibre budgétaire. C’est une question de survie économique : moins de gaspillage ici, c’est plus de devises là-bas.