Le phénomène des gangs de quartier empoisonne le quotidien de nombreuses familles algériennes depuis plusieurs années. Rixes à l’arme blanche, règlements de comptes, climat de peur dans certains espaces publics… la liste des méfaits attribués à ces bandes organisées ne cesse de s’allonger.
Face à ce constat, l’État a décidé de changer de méthode. Plutôt que de courir après les crimes une fois commis, l’exécutif veut désormais les anticiper. C’est tout le sens de la réunion présidée ce mardi par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Said Sayoud, à la tête de la Commission nationale de prévention et de lutte contre les gangs de quartier.
Lutte contre les fauteurs de troubles : un plan d’action pensé comme un outil de terrain, pas comme un document théorique
Devant les membres du Comité national, Said Sayoud a tenu à clarifier la philosophie du dispositif. Le plan d’action présenté n’a rien d’un texte destiné à dormir dans un tiroir. Il s’agit, selon les mots du ministre, d‘une feuille de route pratique, bâtie sur des programmes que l’on peut concrètement mettre en œuvre, suivre et évaluer dans le temps.
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Cette feuille de route couvre plusieurs terrains à la fois :
- Sécuritaire, pour maintenir l’ordre dans les quartiers sensibles ;
- Sociale, afin d’agir sur les conditions de vie des jeunes concernés ;
- Éducative, pour renforcer le rôle de l’école dans la prévention ;
- Culturelle, en misant sur des activités alternatives à la délinquance ;
- Économique, pour offrir des perspectives d’insertion ;
- Numérique, un volet devenu incontournable tant les réseaux sociaux jouent désormais un rôle dans l’organisation de ces bandes.
L’idée tient en une phrase. Ne plus courir après le crime, l’empêcher d’arriver. Un virage que le ministre présente comme un prolongement plutôt qu’un recommencement, puisque le travail sécuritaire et judiciaire contre les gangs de quartier n’a jamais cessé, bien avant l’installation du Comité national, et se poursuit aux côtés de cette nouvelle stratégie.
Sécurité des quartiers : un enjeu qui dépasse largement le maintien de l’ordre
Pour Said Sayoud, réduire la sécurité des quartiers à une affaire de police serait une erreur de lecture. Il y voit un pilier du front intérieur, une brique de la sécurité nationale au sens large.
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Cette lecture élargie change la manière de juger le succès du plan. Peu importe le nombre de réunions ou de rapports produits, le ministre attend des résultats visibles. Il retient trois mesures concrètes pour évaluer l’efficacité du dispositif sur la durée.
- Protéger réellement les jeunes exposés au risque d’embrigadement.
- Préserver les quartiers comme des espaces de vie apaisés.
- Redonner aux citoyens confiance dans les institutions de l’État.
Le comité a planché, le gouvernement doit maintenant trancher
Cette réunion n’a rien eu d’une simple formalité descendante. Le ministre a pris le temps d’écouter les préoccupations et les propositions des membres du comité. Il a salué la qualité des échanges et l’esprit de responsabilité qui les a portés, et a remercié les représentants des secteurs et institutions ayant contribué à bâtir ce projet de stratégie.
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La balle passe maintenant dans le camp du gouvernement, chargé d’approuver le texte avant son application concrète. Une fois ce feu vert obtenu, la stratégie devra faire ses preuves sur le terrain, protéger les jeunes et consolider la sécurité dans les quartiers à travers le pays.
