Frontières avec le Maroc : l’Algérie campe sur ses positions

Frontières avec le Maroc : l’Algérie campe sur ses positions

Dans un  entretien accordé au journal Français Le Point, le président Tebboune a été interrogé sur la sensible question des frontières de l’Algérie avec le Maroc. Le chef de l’État, qui s’est montré peu bavard à ce sujet, n’a pas toutefois manqué d’afficher son intransigeance.

La question posée par les deux journalistes était simple, et la réponse du chef de l’État était brève et précise. Et pourtant il s’agit d’une réelle déchirure dans la région de l’afrique du Nord. À la question ; les frontières avec le Maroc resteraient-elles fermées ? « Oui », a répondu, avec certitude, le président Tebboune.

Algérie – Maroc : le Statu quo

Le chef de l’État a toutefois ajouté qu’on « ne peut pas ouvrir les frontières avec un vis-à-vis qui vous agresse quotidiennement ». Il est à noter que les tensions entre les deux pays durent depuis environ un demi siècle, ces tensions sont essentiellement alimentées par le conflit au Sahara occidental, où le Front Polisario a d’ailleurs opté pour l’action militaire, ce qui n’arrange pas trop les choses.

Au milieu de ce conflit, et concernant ce que sont devenues les relations entre le Maroc et l’Algérie, le président Tebboune a indiqué que « le rôle honorable revient à l’Algérie », même si « la rupture avec le Maroc remonte à tellement longtemps qu’elle s’est banalisée ». Le chef de l’État a tenu cependant à souligner que la rupture concerne « la monarchie », et non « le peuple marocain, que nous estimons« .

« Le Maroc a toujours été l’agresseur« , a assuré Tebboune, qui ajoute que « nous n’agresserons jamais notre voisin. Nous riposterons si nous sommes attaqués ». En évoquant cette probabilité d’être attaqués, le président s’est toutefois vite rattrapé en affirmant qu’il « doute que le Maroc s’y essaie, les rapports de force étant ce qu’ils sont ». Confiant donc, Le chef de l’État a conclu en déclarant que « On ne peut pas ouvrir les frontières avec un vis-à-vis qui vous agresse quotidiennement ».

Frontières : « si la situation se dégrade, nous refermerons »

Parmi les propos du chef de l’État, Abdelmajid Tebboune, recuilli par les deux journalistes et écrivains Kamel Daoud et Adléne Meddi, la question de « l’ouverture du ciel » a été évoquée. Il est à noter que l’ouverture des frontières aérienne a été décidée à l’issue d’un conseil des ministres présidée par le président Tebboune, en mai dernier, et que le premier vol international, depuis le début de la crise sanitaire, a été effectué avant-hier, reliant Alger à Paris.

Interrogé sur la prochaine étape du processus de la reprise des vols, le président Tebboune a assuré que « L’ouverture ou la fermeture des frontières est dictée par le Conseil scientifique, suivant l’évolution de la pandémie ». Le comité Scientifique chargé du suivi de l’évolution de la pandémie, serait donc le seul à pouvoir solliciter une fermeture, d’après le président Tebboune.

En ce qui concerne les plusieurs mois de fermeture, le chef de l’État a déclaré que « si nous avons fermé les frontières, ce n’est pas pour sanctionner la population, mais pour la protéger ». Pour Tebboune, « le virus est là, et à tout moment, les chiffres peuvent remonter » malgré les « 200 cas par jour » que recense l’Algérie, « alors que des pays plus développés en sont à 20 000, voire 30 000 cas par jour ».

Dans le cas ou les chiffres des contaminations observent une hausse, le président Tebboune a confié que « les Algériens nous en voudront d’avoir commencé à rouvrir les frontières. Et si la situation se dégrade, nous refermerons ». Pour conclure, le chef de l’État a rappelé que « même avec les frontières fermées, nous avons rapatrié un peu plus de 80 000 Algériens. Aux frais de l’État ». « Aucun pays n’a fait ça », conclut-il.