François Hollande sur la crise syrienne “La France reconnaîtra le gouvernement provisoire de la nouvelle Syrie

François Hollande sur la crise syrienne “La France reconnaîtra le gouvernement provisoire de la nouvelle Syrie

hollande-segur-570417-jpg_391496.JPGMettant à profit ce rendez-vous annuel avec les diplomates français en poste à l’étranger, le patron de l’Élysée a dévoilé les grandes lignes de sa politique étrangère, ainsi que la définition de sa vision européenne, en réponse aux nombreuses critiques sur ses positions par rapport aux évènements internationaux, notamment la crise syrienne.

Intervenant hier après-midi à l’Élysée devant un parterre d’environ deux cents diplomates, à l’occasion de la XXe conférence des ambassadeurs, placée sous le thème de “la diplomatie économique”, le président français, François Hollande, a dévoilé, lundi, ses priorités en politique étrangère, avec de nouvelles initiatives attendues dans le dossier syrien et une définition de sa vision européenne sujette à interrogations dans son camp socialiste. Accusé d’“attentisme” par l’opposition de droite, qui critique la position française à l’aune de l’“activisme” de l’ancien président Nicolas Sarkozy, il a saisi, donc, l’opportunité pour répondre à ses détracteurs. Sur le point sensible de la crise syrienne, le chef de l’État français a annoncé que la France “reconnaîtra le gouvernement provisoire de la nouvelle Syrie”, tout en confirmant la présence de la France dans les zones tampon où elle “travaille”, dira-t-il, avec ses partenaires. Appelant de nouveau à “une transition politique” rapide en Syrie, le chef de l’État français a appelé l’opposition syrienne à “constituer un gouvernement provisoire, inclusif et représentatif”. Il a aussi accusé la Russie et la Chine d’affaiblir l’organisation des Nations unies. “Je dis à la Russie et à la Chine que, dans la crise syrienne, leur attitude affaiblit notre capacité à accomplir le mandat que la charte des Nations unies nous a confié”, a-t-il indiqué. “La France inscrit son action dans la légalité internationale et je confirme ici que notre pays ne participe à des opérations de maintien de la paix ou de protection des populations qu’en vertu d’un mandat et, donc, d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies”, a-t-il dit. “Faut-il encore que ses membres prennent leurs responsabilités pour lui permettre de prendre des décisions”, a-t-il ajouté. Sur le dossier du nucléaire, François Hollande a estimé que “la plus grave des incertitudes tient au risque de la prolifération nucléaire”. Il a enchaîné en expliquant que ces incertitudes tiennent “aussi aux peurs légitimes qu’une telle prolifération peut inspirer et aux réactions légitimes préventives qu’elle peut provoquer, menaçant directement la paix”. Il faisait allusion à Israël qui, avec son allié, les États-Unis, accuse l’Iran de chercher à développer la bombe atomique mais Téhéran assure que son programme nucléaire est à but purement civil. Seule puissance nucléaire de la région, l’État hébreu considère que son existence serait menacée si Téhéran disposait de la bombe. Il a ainsi prévenu qu’il attaquerait les installations nucléaires de l’Iran si besoin était. Enfin, le président français a annoncé qu’il participerait au Sommet, en octobre, de l’Organisation internationale de la francophonie à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), soulignant sa volonté de “tout dire partout”. Pour rappel, plusieurs associations congolaises et françaises lui avaient explicitement demandé de “ne pas se rendre” à ce Sommet, pour ne pas conforter le régime de Joseph Kabila. Pour en revenir au déroulement de cette conférence des ambassadeurs français, la journée d’aujourd’hui sera consacrée aux dossiers les plus techniques que traiteront les représentants de la France à l’étranger, comme la diplomatie économique, le portage des PME, le marché africain, la situation de l’euro. Demain, pour la troisième et dernière journée, des thématiques plus générales seront abordées, comme la diplomatie culturelle, la francophonie, ou la diplomatie numérique ou encore la e-diplomatie. Au-delà de ce programme de travail et des nombreuses discussions informelles qui s’y déroulent, la conférence des ambassadeurs est aussi une occasion, pour le Quai d’Orsay, de tenter de redonner de l’énergie à une communauté diplomatique qui pourrait subir à nouveau un resserrement budgétaire et connaître des réductions d’effectifs.

M T