France : un Algérien victime d’une attaque à la machette lors d’un règlement de comptes

France : un Algérien victime d’une attaque à la machette lors d’un règlement de comptes
À Paris, un homme d’origine algérienne a été victime d’une violente attaque à la machette. L’agression serait liée à un règlement de comptes pour une somme dérisoire de 250 euros.

C’est un dossier où l’extrême violence semble disproportionnée face au mobile. Un homme de 31 ans a été mis en examen et écroué ce vendredi pour une tentative de meurtre particulièrement sauvage. Les faits, qui remontent au 2 juin, concernent un règlement de comptes à la machette entre deux ressortissants algériens, déclenché par une dette au montant pourtant minime.

La scène se joue aux alentours de 4 heures du matin, boulevard Ney, dans le XVIIIe arrondissement. Alertés par la présence d’un corps inanimé sur le trottoir, policiers et pompiers découvrent un homme gisant dans son sang.

La victime présente une entaille profonde allant de l’arrière du crâne jusqu’au nez. Hospitalisé à Clichy-la-Garenne, cet homme d’origine algérienne s’est vu notifier une ITT de 45 jours après avoir reçu les soins d’urgence nécessaires.

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Rendez-vous dans une pizzeria avec un livreur Uber

Les enquêteurs du deuxième district de police judiciaire (DPJ) ont patiemment reconstitué le fil des événements en croisant relevés téléphoniques, images de vidéosurveillance et témoignage de la victime.

Tout bascule le 2 juin lors d’un rendez-vous dans une pizzeria, censé solder une dette de 250 euros entre la victime et un livreur Uber. La discussion dégénère rapidement en affrontement physique. C’est alors qu’un complice aurait fourni une machette à l’agresseur, qui a frappé son adversaire à la tête.

D’après les premiers éléments de l’enquête, l’arme du crime aurait été abandonnée dans un square du XVIIe arrondissement juste après l’agression. Si l’auteur principal a été rapidement identifié et placé en détention provisoire, il continue de nier farouchement toute implication. Lors de la comparution du complice présumé, le procureur a d’ailleurs insisté sur la complexité du dossier : le mobile exact reste difficile à cerner et la justice craint désormais de violents règlements de comptes en retour.

Un deuxième complice interpellé au Portugal

Si l’enquête désignait rapidement un complice prénommé Mohamed, ce dernier était resté introuvable jusqu’en janvier. Ce chauffeur-livreur de 30 ans, installé en France depuis 2021, a finalement été localisé au Portugal alors qu’il tentait d’y régulariser sa situation. Malgré un casier judiciaire vierge et une vie stable dans le XXe arrondissement, il doit désormais répondre de sa présence sur les lieux du crime. Face au juge, l’homme clame son innocence : il assure n’avoir ni participé à la rixe, ni fourni la machette, ni même cherché à fuir la justice.

Pour son avocat, la responsabilité de son client est loin d’être établie. S’il reconnaît la présence de Mohamed sur les lieux, il insiste sur le fait que ce dernier n’a frappé personne et n’a pas fourni l’arme, qu’il attribue à un tiers. La défense mise sur le profil stable du suspect — marié, inséré professionnellement et inconnu de la victime — pour contester la qualification de « scène de violence unique », un concept juridique qui lie tous les participants au même crime.

La défense soutient que le voyage au Portugal du suspect n’était pas une fuite, mais une démarche administrative classique, précisant qu’il résidait toujours à Paris depuis l’agression. Sur le plan de la procédure, le calendrier judiciaire s’étire : le juge d’instruction doit encore procéder à un interrogatoire détaillé et à une confrontation entre les parties. Ces actes techniques devraient prolonger l’instruction de six mois supplémentaires.

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