« Qu’on ne voie plus le voile dans le pays. » La formule signée Sébastien Chenu lundi 20 juillet sur TF1 clarifie les ambitions du Rassemblement National (RN) pour 2027. En cas de victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle, les Français pourraient être directement consultés par référendum sur l’interdiction du voile dans les bâtiments publics, première étape d’un projet d’interdiction globale.
C’est l’un de leurs chantiers prioritaires : réunis la semaine dernière en séminaire, les cadres du RN ont planché sur la feuille de route de Marine Le Pen pour la prochaine élection présidentielle. Mais lorsqu’il s’agit de concrétiser l’interdiction du voile dans la rue, le discours se fait plus prudent.
Face au journaliste Bastien Augey lundi sur le plateau de TF1, Sébastien Chenu en a apporté la preuve, concédant à demi-mot les nombreuses difficultés d’un tel projet.
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Le RN promet un référendum pour interdire le port du voile dans l’espace public
« Le voile est pour nous le symbole revendiqué, l’outil politique, l’incarnation de l’islamisme », a réaffirmé le vice-président de l’Assemblée nationale. Si cette interdiction constitue un marqueur historique du programme de Marine Le Pen — défendu notamment lors du débat de l’entre-deux-tours en 2022 —, le RN privilégierait dans un premier temps un périmètre ciblé aux seuls « bâtiments publics », en visant explicitement « les facs » et « la Fonction publique ».
Du moins dans une première phase. « Notre objectif à terme, c’est qu’il n’existe plus dans la rue », a soutenu Sébastien Chenu. Préférant parler d’un déploiement « étape par étape », le député a esquivé la formule explicite d' »interdiction dans l’espace public » relancée par Bastien Augey.
Il a néanmoins corrigé le tir auprès du service politique de TF1-LCI, confirmant que le texte soumis à référendum par le RN intègrera bel et bien cette interdiction globale.
« Expression politique de l’islamisme »
Pour contourner le risque de censure du Conseil constitutionnel, le RN mise sur le référendum. Une stratégie qui reste suspendue à deux conditions majeures : que le Conseil constitutionnel ne bloque pas la tenue même de cette consultation populaire, et que les Français y répondent favorablement. Restent enfin les défis logistiques et juridiques : comment appliquer concrètement une telle mesure sur le terrain ?
Selon Sébastien Chenu, la mesure viserait spécifiquement le voile en tant qu' »expression politique de l’islamisme ». Une distinction que le député incarnait déjà en 2022 en affirmant que « le petit voile » porté par « la grand-mère de 70 ans » ne serait pas ciblé.
Reste à inscrire cette nuance dans la loi : pour définir précisément les tenues proscrites, le RN s’appuie sur son projet de loi de 2021, qui ciblait « une affirmation sans équivoque et ostentatoire » de l’idéologie islamiste — une caractérisation jugée identifiable par le député selon la forme du voile.
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