France : des titres de séjour vendus à prix d’or, un ex-policier algérien écroué

France : des titres de séjour vendus à prix d’or, un ex-policier algérien écroué
Un ex-policier algérien a été écroué à Paris dans une affaire de faux titres de séjour vendus à prix d’or en Île-de-France. Cinq personnes sont mises en cause.

Soupçonné d’être à la tête d’un réseau de falsification de documents administratifs, Madani, un ancien policier algérien de 61 ans, a été écroué vendredi dernier. Avec quatre autres individus, il aurait fourni de faux documents à des compatriotes sans titre de séjour en France.

Madani, un homme de 61 ans, a été placé en détention provisoire vendredi dernier à Paris aux côtés de ses quatre complices. Le groupe est poursuivi pour aide au séjour irrégulier en bande organisée, faux et usage de faux ainsi qu’association de malfaiteurs.

Entre 2024 et 2025, ils auraient orchestré un réseau lucratif de contrefaçon de documents, ciblant particulièrement la communauté maghrébine en Île-de-France.

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Un ancien policier algérien placé en détention pour trafic de faux papiers en Île-de-France

L’enquête a été initiée au printemps 2025 par la SDLII suite à un signalement portant sur une filière de régularisation frauduleuse. Un travail de fond, étalé sur plusieurs mois, a permis d’identifier les suspects grâce à l’étude des données téléphoniques et à la mise en place de surveillances opérationnelles sur le terrain.

Par ailleurs, les investigations ont permis de mettre au jour une organisation composée de sept individus d’origine algérienne, résidant entre Paris, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Le réseau était hiérarchisé : des rabatteurs attiraient les clients, un faussaire confectionnait les titres, tandis que les dirigeants récupéraient la majeure partie des bénéfices.

Vendus quelques centaines d’euros l’unité, plusieurs dizaines de faux documents auraient été écoulés durant la période de surveillance policière.

Des passeports de diverses nationalités saisis

Devant la juge des libertés et de la détention, le procureur a souligné la rentabilité de ce trafic, tout en précisant que la hiérarchie interne reste à affiner et que deux membres du réseau sont toujours en fuite. « C’est une activité qui génère d’importants profits », a-t-il martelé.

L’enquête a franchi une étape décisive lundi matin avec un coup de filet simultané à Paris, Stains, Saint-Denis et Ivry-sur-Seine. Si cinq suspects ont été interpellés, les perquisitions, notamment chez Madani, ont révélé l’ampleur de la fraude : une panoplie de faux titres de séjour, des passeports de diverses nationalités (française, algérienne, belge, espagnole) ainsi que des cartes Vitales et des formulaires d’Aide Médicale d’État (AME).

Malgré ces preuves, les suspects ont largement tenté de minimiser leur implication durant leurs interrogatoires.

« On me l’a fait à l’envers »

Face aux juges, Madani rejette en bloc les accusations. L’homme de 61 ans, qui cumule une vie de boulanger à Stains et la rédaction d’une thèse en économie, clame son innocence en invoquant son passé : « J’étais un représentant de la loi en Algérie, je respecte la justice. »

Selon sa version, le matériel de contrefaçon trouvé chez lui appartiendrait à un individu en fuite qu’il aurait hébergé par pure naïveté. « On me l’a fait à l’envers », assure-t-il, refusant d’être assimilé aux malfaiteurs.

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