France-Algérie : reprise des laissez-passer consulaires, les expulsions relancées

France-Algérie : reprise des laissez-passer consulaires, les expulsions relancées
Après des mois de blocage, l’Algérie recommence à délivrer des laissez-passer consulaires, relançant les expulsions de ressortissants sous OQTF depuis la France.

Après plusieurs mois de blocage, Paris et Alger amorcent une reprise prudente des expulsions. Grâce au déblocage des laissez-passer consulaires par l’Algérie, à la suite de la visite de Laurent Nuñez en février, les expulsions reprennent, marquant le début d’une normalisation entre les deux pays.

Cela faisait près d’un an que l’Algérie avait refusé la liste des ressortissants sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), jugés dangereux par la France, après des tensions liées à plusieurs dossiers entre les deux pays, dont l’affaire de Boualem Sansal et la reconnaissance par Paris du plan de marocanité du Sahara occidental.

Changement de ministre de l’Intérieur, changement de méthode, Laurent Nuñez a renoué le fil de la discussion avec la partie algérienne. Depuis cette fameuse visite, Alger a délivré plusieurs dizaines de laissez-passer consulaires.

La coopération migratoire reprend entre Paris et Alger

Les services migratoires français enregistrent une reprise significative des expulsions de ressortissants algériens vers leur pays d’origine, selon FranceInfo. Ce dégel opérationnel, resté discret, marque une étape importante dans le début de la normalisation entre Paris et Alger.

L’élément central de cette reprise est la délivrance des laissez-passer consulaires par les autorités algériennes. Ces documents sont indispensables à l’exécution des obligations de quitter le territoire français (OQTF) lorsque le ressortissant est dépourvu de documents d’identité.

En effet, sans cette autorisation et cette coopération consulaire, l’éloignement du territoire français demeure juridiquement et techniquement impossible.

Selon FranceInfo, le rythme de ces retours forcés s’est accéléré ces derniers jours. Par exemple, sept reconduites effectives vers l’Algérie ont eu lieu en une seule journée.

Effet de la visite de Laurent Nuñez en Algérie ?

Ce réchauffement des relations et la coopération opérationnelle entre Paris et Alger fait suite à la visite du ministre de l’Intérieur français en Algérie en février dernier. Ce déplacement visait spécialement à relancer le dialogue sécuritaire et migratoire, souvent entravé par des tensions diplomatiques entre les deux pays.

Pour le ministère de l’Intérieur français, l’objectif est d’augmenter le taux des exécutions de ces obligations de quitter le territoire français (OQTF). Pour rappel, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est félicité de la reprise d’un « dialogue exigeant » avec Alger, porté par les résultats de la visite de Laurent Nuñez.

Si ce volet opérationnel semble désormais fluide, plusieurs points de friction diplomatiques subsistent, limitant pour l’heure un réchauffement total des relations entre les deux capitales.

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