Face au blocage diplomatique entre Alger et Paris, Sébstien Lecornu insiste une nouvelle fois sur la révision de l’accord de 1968. Selon le Premier ministre français, ce cadre bilatéral régissant l’immigration est désormais obsolète et doit être ajusté pour « mieux servir les intérêts de la France ».
Le dossier de l’accord de 1968 s’est invité une nouvelle fois dans l’agenda du Premier ministre français. Lors d’un échange avec la Voix Du Nord, Lecornu a été de nouveau sollicité pour s’exprimer sur l’avenir de ces accords bilatéraux.
Pour rappel, l’accord de 1968 est un texte spécifique, signé au lendemain de l’Indépendance, qui régit les conditions d’entrée, de séjour et de travail des ressortissants algériens en France.
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Lecornu insiste sur la révision de l’accord franco-algérien de 1968
Alors que le Rassemblement national (RN) avait poussé une résolution pour dénoncer l’accord franco-algérien en octobre, en réclamant notamment sa fin. A l’époque, Sébastien Lecornu a clarifié sa position : il privilégie une renégociation de l’accord de 1968 plutôt que son abrogation pure et simple.
Inflexible, le ministre a réitéré que l’accord de 1968 ne répond plus aux exigences actuelles de la France. Estimant qu’il y a « urgence à aboutir », il a annoncé que le président français Emmanuel Macron prendrait la parole ou des mesures sur ce dossier dans les semaines à venir, sans toutefois préciser les contours de ces futures annonces.
« Cela entraîne sur la question migratoire la renégociation de l’accord de 1968, comme cela était d’ailleurs convenu entre les présidents Tebboune et Macron en 2022. Celui-ci ne correspond clairement plus à nos intérêts et il y a urgence à aboutir. Le président de la République a décidé dans les prochaines semaines de prendre plusieurs initiatives pour que nous ayons des résultats concrets », a-t-il déclaré au sujet de l’accord franco-algérien de 1968.
Laurent Nunez conditionne sa visite à Alger
Un autre point de friction paralyse le dialogue entre Paris et Alger : la visite du ministre de l’Intérieur en Algérie. Bien que sollicité par son homologue algérien, et malgré les pressions de Ségolène Royal l’incitant à franchir le pas, Laurent Nuñez a choisi de conditionner son déplacement à deux conditions préalables.
Pas de visite officielle à Alger sans ces exigences : le ministre français de l’Intérieur conditionne son déplacement à deux dossiers sensibles. Il demande d’une part une issue pour Christophe Gleizes, arrêté à l’été 2025 pour apologie de terrorisme, et d’autre part une reprise des éloignements de sans-papiers algériens. Sur ce second point, Paris déplore que les renvois forcés soient au point mort.
« J’attends qu’il y ait une évolution sur ces sujets, je me rendrai à ce moment-là en Algérie. J’ai bon espoir, je sais que j’irai », a-t-il insisté.
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