France–Algérie : Laurent Nuñez confirme la reprise du dialogue malgré des tensions persistantes

France–Algérie : Laurent Nuñez confirme la reprise du dialogue malgré des tensions persistantes
Le dialogue reprend entre la France et l’Algérie après des mois de tensions. Laurent Nuñez confirme une relance des échanges, malgré des dossiers sensibles encore en suspens.

Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a pris la parole ce vendredi concernant le dégel des relations franco-algériennes. Celles-ci amorcent une phase de normalisation progressive, après une période de tensions diplomatiques sans précédent ayant duré plus d’un an et demi.

Invité sur BFMTV, le ministre de l’Intérieur a officialisé le rétablissement du dialogue bilatéral autour de trois piliers majeurs : la sécurité, la justice et la gestion des flux migratoires irréguliers.

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Laurent Nuñez confirme la reprise du dialogue dans trois domaines clés

Interrogé sur le sort de Christophe Gleizes — ce journaliste français condamné à sept ans de prison en Algérie en juin dernier — Laurent Nuñez a souligné la normalisation des échanges entre les deux pays. Il a ainsi affirmé : « La relation policière, judiciaire et la coopération migratoire que nous avons avec l’Algérie repart ».

Le ministre de l’Intérieur n’a pas souhaité commenter les chances de libération de Christophe Gleizes. En délimitant strictement son champ d’action, il évite d’intervenir dans les prérogatives du Quai d’Orsay dirigé par Jean-Noël Barrot, marquant une rupture avec l’omniprésence médiatique de Bruno Retailleau sur ces dossiers.

Laurent Nuñez a rappelé que la gestion diplomatique de ce cas relevait du Quai d’Orsay, tout en soulignant son implication personnelle et discrète : « L’affaire est suivie par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Évidemment, j’ai évoqué ce dossier, je l’avais dit, mais en accord avec la famille de Christophe Gleizes, je ne souhaite pas évoquer publiquement les échanges que j’ai pu avoir là-dessus ».

L’Algérie visée par une enquête du Pnat

Le même jour, le procureur Olivier Christen a annoncé sur Franceinfo l’ouverture de huit dossiers pour « terrorisme d’État » au PNAT, impliquant notamment l’Algérie. Une sortie médiatique pour le moins inattendue alors que les deux pays tentent de s’accorder. Cette nouvelle donne judiciaire, particulièrement sensible, menace de crisper à nouveau les relations et d’instaurer un climat de méfiance entre les deux États.

La situation est d’autant plus complexe qu’une nouvelle décision judiciaire a prolongé d’un an l’incarcération d’un fonctionnaire consulaire algérien. Déjà détenu depuis un an, le sort de cet agent représente un point de friction hautement symbolique, susceptible de fragiliser les relations bilatérales.

Le dossier oppose deux logiques : pour l’Algérie, il s’agit d’un manquement aux règles internationales régissant les relations consulaires ; pour la France, c’est l’expression d’une justice autonome. Pourtant, cette position française est perçue comme contradictoire avec la volonté de rapprochement affichée par le gouvernement.

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