Les armes de l’Émir Abdelkader bientôt de retour au pays ! L’historien Benjamin Stora confirme que ces objets historiques seront prochainement restitués à l’Algérie, illustrant l’évolution du dossier mémoriel avec la France.
Benjamin Stora préside le volet français de la commission mixte d’historiens, instaurée en 2022 par les présidents Tebboune et Macron. Toutefois, les activités de ce groupe de travail sont actuellement à l’arrêt, conséquence directe des tensions diplomatiques survenues entre Paris et Alger en juillet 2024.
Ces pièces historiques ont été exposées le mercredi 4 mars à Stains, une commune de Seine-Saint-Denis située en Île-de-France.
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Des armes de l’Émir Abdelkader bientôt restituées à l’Algérie
D’après les précisions de Benjamin Stora, ces objets ont été acquis par la « Fédération franco-algérienne du renouveau« . Ils ont été présentés lors d’un Iftar organisé par l’association, un événement auquel participaient l’historien et le maire de Stains. Concernant le coût de cet achat, Benjamin Stora a indiqué ne pas en connaître le montant.
« Dans la ville de Stains le 4 mars 2026, en présence de Monsieur le Maire de la ville, achat, restitution et exposition d’armes appartenant à l’Emir Abdelkader. L’Association « Fédération franco-algérienne du renouveau » a acheté ces armes, exposées lors d’une réception à l’occasion de l’Iftar organisé par la ville de Stains. Je ne connais le montant de l’achat des armes qui seront restituées prochainement à l’Algérie », indique Stora dans une publication sur ses réseaux sociaux.
Le retour du patrimoine algérien est au cœur des débats mémoriels. Initiée par les recommandations de Benjamin Stora en 2021, cette demande de restitution des objets et archives coloniaux est fermement portée par la partie algérienne de la commission mixte. Malgré cet écho, ainsi que le soutien récent de Ségolène Royal (AFA) en janvier dernier, les autorités françaises font preuve de réticence à concrétiser ces mesures.
Pour rappel, En avril 2025, Benjamin Stora n’avait pas caché son exaspération concernant l’immobilisme de la France : « On vient nous parler de repentance, alors qu’on n’est même pas capable de restituer un Coran, une épée, un burnous à l’Algérie. Rien n’a été rendu. Absolument rien ».
Un blocage qui persiste
En mai 2024, lors de sa cinquième réunion, la commission mixte d’historiens a franchi une étape clé avec la présentation par Alger d’une liste exhaustive de biens à restituer. Cet inventaire comprend plus d’une centaine d’objets, de manuscrits et de documents historiques datant du XIXe siècle, actuellement conservés dans diverses institutions françaises comme le Musée de l’Armée, la Bibliothèque nationale de France ou le château de Chantilly.
Le cœur de ces revendications concerne l’émir Abdelkader, figure centrale de la résistance algérienne. L’Algérie réclame ses effets personnels les plus symboliques, tels que son Coran, son sabre, sa tente de commandement et son chapelet. La liste inclut également des pièces administratives et militaires cruciales, comme le traité de la Tafna de 1837 et les registres de compte de son armée, saisis lors de la prise de sa « smala » en 1843.
Au-delà du patrimoine lié à l’émir, les demandes portent sur des symboles de la souveraineté et de la résistance algérienne, à l’image du célèbre canon Baba Merzoug, trophée de guerre installé à Brest depuis 1833. Sont également réclamés les manuscrits du cheikh Aheddad ainsi que les clés et étendards de villes martyres, marquant une volonté forte de l’Algérie de réintégrer ces témoins historiques majeurs dans son patrimoine national.
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