France : à l’approche du Ramadan, une pétition « contre le halal » ravive la polémique

France : à l’approche du Ramadan, une pétition « contre le halal » ravive la polémique
Alors que le Ramadan approche, une pétition « contre le halal » gagne en visibilité en France.

À l’approche du Ramadan, la question du Halal suscite à nouveau de vifs débats en France. Les récentes initiatives de grandes enseignes, comme KFC, qui teste une offre Halal dans 24 points de vente, et Carrefour, qui communique sur ses nouvelles boucheries dédiées, ont remis le sujet sous les projecteurs. Si ces stratégies visent à répondre à une demande croissante, elles provoquent également des réactions de rejet, illustrées par le lancement de pétitions « contre le halal ».

L’expansion du marché halal ne fait pas l’unanimité en France. Si cette offre croissante répond aux besoins de la communauté musulmane, elle suscite de vives oppositions chez d’autres citoyens. C’est le cas de Bruno, l’initiateur d’une pétition intitulée « Attention, danger : généralisation du Halal en France ».

Ce mouvement de contestation semble trouver un certain écho : comme l’a rapporté Romain Désarbre lors de la matinale de CNews le 23 janvier 2026, le texte a déjà recueilli plus de 16 000 signatures.

🟢 À LIRE AUSSI : Ramadan 2026 : le Conseil européen de la fatwa avance une date pour le début du mois sacré

Une pétition « contre le Halal », déjà avec plus de 16 000 signataires en France

Bruno précise que son mécontentement ne vise pas directement les produits halal, mais plutôt le manque d’information des consommateurs. Tout a commencé par une « déception culinaire » : alors c’est parti d’une anecdote qui m’a fait constater qu’on pouvait acheter de la viande halal sans le savoir. J’ai cuisiné un gigot d’agneau un soir et, de l’avis de tout le monde, il était moins goûteux et plus sec que d’habitude. Et, un des invités musulmans nous a confirmé qu’il s’agissait plus que très probablement d’un gigot halal », raconte-t-il.

Pour le lanceur de la pétition, la démarche ne révèle pas d’une hostilité de principe envers les produits halal, mais d’une question de « transparence » : « J’ai regardé évidemment un petit peu sur internet et j’ai constaté, sauf erreur, qu’il n’y avait aucune législation qui obligeait la distribution, tout comme visiblement les fast-foods, puisque c’est en plein dans l’actualité, de mentionner qu’il s’agit de viande halal ou pas ».

Le lancement de cette pétition intervient également après une campagne haineuse visant l’enseigne de grande distribution Carrefour. L’annonce sur TikTok de l’ouverture d’une boucherie halal au Carrefour de Sartrouville (Yvelines) a déclenché un déferlement de haine sur les réseaux sociaux, marqué par des commentaires racistes et des fausses informations.

Pourtant, cette stratégie n’est pas nouvelle : l’enseigne est présente sur ce marché depuis 2010 avec sa propre marque. Ce secteur est d’ailleurs strictement encadré par les législations française et européenne, et la viande vendue bénéficie de certifications officielles garantissant le respect des normes d’abattage. Carrefour n’est pas un cas isolé, puisque la plupart des grandes enseignes de distribution proposent également ces produits depuis de nombreuses années.

Les produits halal de plus en plus présents dans les rayons des grandes surfaces en France ?

Bien que le secteur du halal connaisse une croissance notable en France, il ne représente qu’une part minime des ventes globales de la grande distribution française. Selon les données de l’institut Circana, révélées par 20 Minutes, les volumes de produits halal ont progressé de 0,9 % en 2025. Certaines catégories se distinguent par leur dynamisme : le jambon halal a vu ses ventes bondir de 15,2 % (occupant 16,8 % du marché du jambon), tandis que la charcuterie de volaille halal domine largement son segment avec 69,3 % de parts de marché.

Cette vitalité s’explique par une offre plus diversifiée en rayon et une demande soutenue. Toutefois, le ministère de l’Agriculture invite à la mesure : si le halal peut représenter jusqu’à 3,5 % du chiffre d’affaires total des entreprises agroalimentaires, il ne pèse en réalité que 0,14 % des ventes alimentaires en grandes et moyennes surfaces (GMS).

🟢 À LIRE AUSSI : France : une plateforme accusée de ficher les musulmans, le gouvernement interpellé