Un Français condamné pour espionnage en Azerbaïdjan : l’Algérie parmi les pays ciblés

Dix ans de réclusion criminelle : c’est le verdict confirmé en appel par la cour d’Azerbaïdjan à l’encontre de Martin Ryan, un homme d’affaires français accusé d’espionnage. Mais derrière ce procès retentissant, les ramifications s’étendent bien au-delà de Paris et Bakou : l’Algérie se retrouve également sur la liste des pays cités dans cette affaire.
En plein froid diplomatique entre Paris et Bakou, la justice azerbaïdjanaise a tranché : la peine de dix ans de prison pour « espionnage » infligée au Français Martin Ryan a été formellement confirmée en appel.
Installé en Azerbaïdjan depuis quatre ans lors de son arrestation en décembre 2023, l’homme d’affaires Martin Ryan voit son sort scellé par la justice. Jugé à partir de janvier 2025 puis reconnu coupable d’espionnage au profit de la France le 16 mars — des accusations fermement rejetées par Paris —, le ressortissant français a vu sa peine confirmée en appel mercredi 29 juillet.
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Martin Ryan accusé d’espionnage au profit des renseignements français
Le Français comparaissait aux côtés d’un citoyen azerbaïdjanais, Azad Mamedli, poursuivi pour « haute trahison » et écopant pour sa part de douze ans de réclusion. Les autorités azerbaïdjanaises affirment que Martin Ryan avait été enrôlé par des agents de la DGSE postés à l’ambassade de France à Bakou — des fonctionnaires diplomatiques déclarés personae non gratae et expulsés depuis.
D’après l’accusation, la mission de Martin Ryan consistait principalement à recueillir des renseignements stratégiques sur les alliances diplomatiques de Bakou — ciblant en particulier la Turquie, l’Iran, le Pakistan, l’Algérie et la Somalie.
L’homme d’affaires devait également fournir des clichés des équipements militaires livrés par le Pakistan, ainsi que des données confidentielles sur les entreprises opérant en lien avec la Russie et la Chine.
Recruté par la DGSE
D’après le ministère public, Martin Ryan aurait été approché par des agents de la DGSE officiant sous couverte diplomatique à l’ambassade de France à Bakou. Il lui est notamment reproché d’avoir cherché à obtenir des renseignements sur la déclaration de Choucha de juin 2021, le traité fondateur scellant l’alliance stratégique entre l’Azerbaïdjan et la Turquie.
Selon les autorités de Bakou, Martin Ryan aurait servi de pivot en enrôlant Azad Mamedli, avant d’organiser une prise de contact directe entre ce dernier et des officiers des services secrets français. Ces agents auraient ensuite missionné le jeune Azerbaïdjanais pour constituer un réseau d’informateurs — comprenant des ressortissants azerbaïdjanais et russes — au sein même de l’université moscovite où il poursuivait ses études.
Lors de sa prise de parole avant le délibéré, Martin Ryan a balayé l’ensemble des accusations. S’il a reconnu ses activités, l’homme d’affaires a fermement contesté toute intention malveillante, affirmant n’avoir jamais eu conscience que ses actes servaient des objectifs de renseignement : « Je ne suis pas un espion », a-t-il insisté par la voix de son interprète.
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