Déficit, dette, réserves : les mises en garde du FMI à l’Algérie et ses 4 recommandations

Le FMI salue la diversification de l’économie algérienne, mais il alerte aussi sur ses fragilités : un déficit budgétaire élevé, une dette publique en hausse et des réserves de change qui fondent. Il formule quatre recommandations pour maintenir l’élan. Ce qu’il faut retenir de son analyse publiée le 3 novembre.
FMI et Algérie : des progrès salués, mais des fragilités
Le FMI a publié le 3 novembre une analyse intitulée « Créer les conditions d’une diversification durable en Algérie ». Elle reprend les conclusions de sa consultation annuelle avec le pays, achevée le 21 septembre. Le Fonds y salue d’abord les progrès de la diversification, comme le détaille notre article sur ce que révèle le FMI sur la nouvelle économie algérienne.
Il met aussi en garde contre plusieurs fragilités qui pourraient freiner cette dynamique. Ses recommandations n’ont toutefois aucun caractère obligatoire. L’Algérie n’a en effet contracté aucun prêt auprès du FMI, et sa dette extérieure reste inférieure à 1 % du PIB.
Quel est le déficit budgétaire de l’Algérie selon le FMI ?
Le déficit budgétaire de l’Algérie a atteint 10,5 % du PIB en 2025, après 14 % en 2024. Il a reculé grâce à des dividendes exceptionnels versés par les entreprises publiques et la Banque d’Algérie. Le FMI le juge néanmoins très élevé.
Le Fonds prévoit encore un déficit proche de 10 % du PIB les années suivantes. Selon lui, la hausse des investissements a fait grimper les importations et accentué les pressions sur le budget. Des déficits persistants pourraient compromettre la poursuite du programme d’investissement, prévient-il.
Dette publique et réserves de change de l’Algérie : les projections du FMI
La dette publique brute atteignait 52,1 % du PIB en 2025, selon le FMI. Sans correction, elle pourrait grimper à 79 % du PIB en 2031, d’après ses projections. Le Fonds note aussi un recours accru au financement par la Banque d’Algérie.
Les réserves de change ont fortement baissé, de 68,9 milliards de dollars en 2024 à 51 milliards en 2025. Le FMI prévoit qu’elles tombent à 19,8 milliards de dollars en 2030. Elles ne couvriraient alors plus que quelques mois d’importations, contre plus de onze en 2024.
L’inflation est aussi repartie à la hausse, à 5,2 % en avril 2026, sous l’effet de la fin de la baisse des prix alimentaires et de la flambée de l’or. Le FMI prévoit par ailleurs un ralentissement de la croissance hors hydrocarbures à 3,3 % en 2026, après 4,0 % en 2025. La dépendance au pétrole et au gaz reste forte, avec une base d’exportation qui s’élargit lentement.
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FMI : mieux choisir les grands projets d’investissement en Algérie
Pour le FMI, le choix des projets compte autant que le montant des dépenses. Orienter l’argent public vers les projets les plus rentables permettrait d’obtenir des gains plus solides et plus durables. Cela préserverait aussi la capacité de financer les projets prioritaires.
Le Fonds recommande donc une planification, une hiérarchisation et une mise en œuvre rigoureuses. Selon lui, les investissements doivent surtout accroître la productivité, créer des emplois et favoriser le secteur privé. C’est à cette aune qu’il faudra mesurer leur réussite.
FMI : un secteur privé algérien plus compétitif pour exporter
Le FMI voit dans le secteur privé la clé de la diversification. Un secteur privé plus compétitif permettrait d’accroître les exportations, y compris dans des activités moins émettrices de carbone. Les entreprises ont besoin pour cela d’infrastructures efficaces, d’un accès au financement, de compétences et d’institutions performantes.
Le Fonds insiste sur un climat des affaires plus favorable. Les entreprises investissent davantage quand les règles sont prévisibles et que la concurrence est équitable entre entreprises publiques et privées. Il appelle aussi à soutenir l’entrepreneuriat, et à réduire les barrières réglementaires et l’informel.
Finances publiques : le FMI recommande un rééquilibrage progressif à l’Algérie
Le FMI recommande un rééquilibrage budgétaire progressif et crédible. Il devrait reposer sur des dépenses plus efficaces et sur des recettes fiscales hors hydrocarbures plus solides. Mené avec prudence, il permettrait de préserver les investissements prioritaires et de protéger les ménages vulnérables.
Le Fonds évoque aussi une réforme progressive des subventions énergétiques. Il la conditionne à une aide ciblée pour les ménages les plus fragiles. Il appelle enfin à limiter le financement de l’État par la Banque d’Algérie aux situations exceptionnelles.
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Recettes du pétrole et du gaz : pourquoi le FMI conseille à l’Algérie d’épargner
Les prix des hydrocarbures fluctuent, et les recettes de l’État avec eux, rappelle le FMI. Des réserves plus importantes permettraient de maintenir l’investissement public quand les prix baissent. Le Fonds propose une règle plus prévisible pour épargner les recettes exceptionnelles.
Selon lui, la hausse actuelle des recettes pétrolières et gazières offre justement l’occasion de reconstituer ces réserves. Le FMI prévoit un prix moyen du baril exporté de 92,6 dollars en 2026, contre 69,4 dollars en 2025. Cette embellie temporaire constitue, à ses yeux, une fenêtre à saisir.
Que répond le gouvernement algérien au FMI ?
Les autorités algériennes défendent leur stratégie, fondée sur l’investissement public pour diversifier l’économie. Le président Abdelmadjid Tebboune a notamment exclu tout recours à l’endettement extérieur, en réponse aux projections du FMI sur les réserves de change. Notre article sur la réponse de Tebboune au FMI détaille sa position.
Le gouvernement mise aussi sur la hausse des exportations hors hydrocarbures, proches de 4 milliards de dollars en 2026, et sur le guichet unique de l’investissement. Ces deux leviers doivent attirer les investisseurs et réduire la dépendance aux hydrocarbures. Leur effet se mesurera dans la durée, à travers l’évolution des exportations et de l’investissement privé.
Questions fréquentes sur le FMI et l’Algérie
L’Algérie a-t-elle emprunté au FMI ?
Non, l’Algérie n’a contracté aucun prêt auprès du FMI. Ses recommandations n’ont donc aucun caractère obligatoire.
Quelles faiblesses le FMI relève-t-il ?
Un déficit budgétaire élevé, une dette publique en hausse et des réserves de change en baisse. La dépendance aux hydrocarbures reste aussi forte.
Que recommande le FMI à l’Algérie ?
Mieux choisir les grands projets, renforcer le secteur privé et consolider les finances publiques. Il conseille aussi d’épargner une partie des recettes pétrolières et gazières.
À combien le FMI prévoit-il les réserves de change de l’Algérie ?
À 19,8 milliards de dollars en 2030, contre 51 milliards en 2025. Le gouvernement a exclu tout recours à l’endettement extérieur.
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