FIRST Global Challenge 2026 : l’équipe algérienne décroche une médaille d’or en Corée du Sud

Cinq lycéens algériens, accompagnés par Samsung Electronics Algérie et Altis Training Center, se sont illustrés à Incheon lors de la plus grande compétition mondiale de robotique pour lycéens, qui réunit plus de 190 pays.
C’est une belle page qui s’écrit pour la jeunesse algérienne. Du 7 au 10 octobre 2026, au Songdo Convensia d’Incheon, en Corée du Sud, l’équipe algérienne a décroché une médaille d’or au FIRST Global Challenge 2026. Face à des délégations venues de plus de 190 pays, ces jeunes ont porté haut les couleurs nationales sur une scène où se retrouve, le temps de quatre jours, la jeunesse scientifique de la planète.
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Le FIRST Global Challenge (FGC) est souvent surnommé les « Jeux Olympiques de la Robotique ». Il s’agit d’une compétition internationale de robotique réservée aux lycéens, organisée chaque année par l’organisation à but non lucratif FIRST Global.
Son ambition dépasse largement le cadre sportif. FIRST Global se présente comme le moteur d’une révolution sportive internationale, dont l’objectif est de donner aux 2 milliards de jeunes de la planète la passion, les opportunités et les compétences nécessaires pour changer le monde. À travers le sport de la robotique, l’organisation réunit des adolescents de plus de 190 pays pour en faire des citoyens du monde visionnaires, capables de s’attaquer ensemble aux plus grands défis de l’humanité.
Sa mission est claire : promouvoir l’éducation aux STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) et encourager la coopération internationale entre les jeunes scientifiques.
Voici comment se déroule le challenge : un format pensé pour l’équité
Ce qui distingue le FGC de nombreuses autres compétitions de robotique, c’est d’abord son principe d’égalité des chances. Chaque nation envoie une équipe représentative, composée de 3 à 5 lycéens accompagnés de mentors. Il ne s’agit donc pas d’un club ou d’un établissement qui défend ses couleurs, mais bien d’un pays tout entier.
Au début de la saison, toutes les équipes reçoivent alors le même kit standard de pièces robotiques. À partir de ce matériel commun, elles doivent concevoir, construire et programmer un robot capable d’accomplir des tâches précises sur un terrain de jeu spécialement conçu pour l’édition. Les écarts de moyens entre pays comptent ainsi beaucoup moins : ce sont l’ingéniosité, la rigueur et le travail d’équipe qui font la différence.
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Comment se déroule la compétition ?
Le FGC ne se résume pas à une succession de duels. Sa particularité est d’obliger les participants à coopérer.
Durant la compétition, les robots ne s’affrontent pas individuellement. Pour chaque manche, l’organisation forme des alliances aléatoires de trois nations. Un robot algérien peut ainsi se retrouver associé, sur le même terrain, à des robots venus d’autres continents, avec des équipes dont la culture et la langue sont différentes.
Les lycéens doivent échanger en direct, comprendre les forces et les limites des robots de leurs partenaires et élaborer ensemble la meilleure stratégie. C’est tout le sens de la formule : on gagne ensemble, mais on se bat aussi pour se distinguer. Cette mécanique pousse les jeunes à développer des compétences que les salles de classe enseignent rarement : négocier, s’adapter, communiquer dans une langue qui n’est pas la sienne et rester efficace sous pression.
Pendant les manches, chaque équipe fait travailler ses différents pôles : les mécaniciens veillent à la robustesse du robot, les programmeurs ajustent le code, les pilotes exécutent sur le terrain, tandis que les équipes de scouting et de stratégie analysent les performances des autres nations pour préparer les meilleures associations.
Cette édition s’est donc tenue du 7 au 10 octobre 2026. Elle s’est conclue par une cérémonie de remise des prix, retransmise en direct, qui a rythmé les dernières heures de la compétition. Parmi les distinctions annoncées figurait le Jackie Bezos Award for International Enthusiasm, avec l’invitation faite aux spectateurs de rester connectés pour d’autres récompenses et célébrations.
Les récompenses : saluer la performance, mais pas seulement
Le palmarès du FGC reflète l’esprit de la compétition. Ainsi, il ne couronne pas seulement le robot le plus performant.
- L’Albert Einstein Award, la plus haute distinction, est décerné à l’alliance qui a réalisé la meilleure performance d’équipe générale.
- Des médailles par catégorie récompensent différentes dimensions du travail accompli : la performance technologique et l’ingénierie du robot, la programmation et le contrôle autonome, le design et l’innovation technique, ainsi que l’esprit d’équipe, la sensibilisation et le partage culturel.
- Des prix emblématiques valorisent l’enthousiasme et l’unité internationale, à l’image du Jackie Bezos Award for International Enthusiasm.
Cette diversité de récompenses rappelle qu’au FGC, savoir construire un robot est essentiel, mais que savoir travailler avec les autres, partager sa culture et rayonner l’est tout autant.
Incheon 2026 : la robotique face aux incendies de forêt
Chaque édition du FGC s’articule autour d’un grand enjeu mondial, comme l’eau, l’énergie ou l’environnement. En 2026, le thème, baptisé « Igniting Innovation », est consacré à la prévention, à l’atténuation et à la gestion des incendies majeurs, ainsi qu’à la protection de l’environnement grâce à la technologie. Cette édition se tient à Incheon, en République de Corée, autour de la thématique des feux de forêt.
Ce thème n’est pas un exercice théorique, en particulier pour l’Algérie. Le pays subit depuis des années des incendies dévastateurs qui ont détruit des moyens de subsistance, des paysages et des vies. Pour les jeunes de l’équipe, la question est profondément personnelle.
Dans leur vidéo de présentation, ils l’expriment avec force : chaque fois qu’une vallée verte devient noire, une part de leur identité brûle avec elle. Ils refusent de regarder leur maison disparaître sans réagir et comptent utiliser la robotique pour riposter face à cette crise.
Leur message de soutien va dans le même sens : si participer à cette compétition les aide à développer des solutions pour protéger leur nation, ils sont prêts à tout sacrifier pour y parvenir.
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L’équipe algérienne : une aventure née d’une question
Derrière la médaille, il y a un long chemin. La vidéo de présentation de l’équipe s’ouvre sur douze jeunes qui se présentent l’un après l’autre. Puis arrive la phrase qui résume leur démarche : leur histoire a commencé par une question à laquelle personne ne savait répondre, « pourquoi cette machine bouge-t-elle ainsi ? ».
Alors ils ont construit leur propre réponse, pièce après pièce, erreur après erreur.
Cette réponse est le fruit d’un parcours de sélection rigoureux. Plus de 100 candidats ont d’abord postulé. Ils ont traversé trois phases intenses et deux compétitions qualificatives avant que l’équipe ne soit constituée.
L’équipe raconte avoir tout commencé avec un simple formulaire de candidature et un rêve audacieux. Ensuite sont venus les nuits blanches, les prototypes ratés et les leçons durement acquises.
Cinq pôles, une seule équipe : chacun a son importance !
L’équipe est organisée en cinq pôles. Chacun a son importance, et chaque voix compte.
- Mécanique : construire l’ossature du robot.
- Programmation : donner de l’intelligence à chaque mouvement.
- Communauté, gestion et documentation : faire rayonner la mission au-delà de l’arène.
- Scouting et stratégie : anticiper et déjouer la concurrence.
- Pilotage et cohésion d’équipe : exécuter sous pression, unis comme un seul homme.
Les jeunes expliquent puiser leur détermination dans l’héritage des martyrs de la libération de l’Algérie. De cette mémoire, ils disent avoir retenu plusieurs leçons : se battre pour l’innovation et l’émancipation, en agissant pour apprendre, créer et inspirer la jeunesse algérienne à suivre leur voie ; ne jamais renoncer, même quand les obstacles s’accumulent et que l’échec fait mal ; la puissance du courage et du travail d’équipe, tirée de la noblesse et du sacrifice de leurs aînés ; la quête de la perfection, cette précision et ce souci du travail bien fait transmis de génération en génération par les artisans algériens.
FIRST Global Challenge 2026 : porter l’Algérie sur la scène mondiale
Pour ces jeunes, représenter l’Algérie au FIRST Global Challenge signifie porter les espoirs de la nation, partager leurs histoires et apprendre des autres. C’est aussi montrer au monde le talent de la jeunesse algérienne et donner envie aux générations suivantes de suivre le même chemin. Ils disent avoir hâte de rencontrer des équipes du monde entier, de partager leur culture et de bâtir un avenir où la technologie sert l’humanité, en commençant par la terre qu’ils aiment.
Dans la vidéo, l’un des membres de l’équipe livre un témoignage qui en dit long sur la portée de l’expérience. Participer à la compétition l’a fait passer du statut d’étudiant curieux à celui de mentor. Il pensait que l’ingénierie consistait à construire des choses ; il sait désormais qu’elle consiste à former des esprits. Il voit aujourd’hui comme sa responsabilité d’ouvrir des portes à ceux qui viendront après lui, comme cette aventure a ouvert les siennes.
Le message adressé au monde tient en une phrase : lorsque l’on s’unit grâce à la robotique, aucun défi n’est trop grand. La vidéo s’achève sur un cri collectif, scandé en chœur par toute l’équipe, qui résonne comme une promesse.
Cette médaille est aussi le résultat d’un accompagnement structuré. L’équipe qui s’est rendue en Corée du Sud est composée de cinq lycéens, encadrés par un coach et un mentor. Elle a bénéficié du soutien de Samsung Electronics Algérie et du centre de formation Altis Training Center, sous le patronage du ministère de l’Économie de la Connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises.






