Fini la paperasse dans les hôpitaux algériens : le dossier médical passe au tout-numérique dès cet été

Fini la paperasse dans les hôpitaux algériens : le dossier médical passe au tout-numérique dès cet été
Dossier médical électronique en Algérie

C’est un tournant majeur pour la santé en Algérie : le tout-numérique arrive dans les hôpitaux. Dès cet été, le ministère de la Santé déploiera de manière progressive le système du dossier médical électronique (DME) sur l’ensemble du territoire national.

C’est ce qu’a annoncé Mahboub Massaoudi, Directeur général des systèmes d’information et de l’informatique au ministère de la Santé, lors de son passage à la Radio Algérienne.

Cette réforme stratégique majeure permettra d’établir un dossier de santé unifié et sécurisé pour chaque citoyen, connectant l’ensemble des établissements hospitaliers à une base de données centrale.

Sous l’impulsion directe du ministre de la Santé, le Professeur Mohamed Seddik Aït Messaoudène, le projet bénéficie d’un suivi rigoureux.

Les moyens technologiques nécessaires ont été mobilisés pour moderniser l’infrastructure réseau et doter les structures de soins d’équipements de dernière génération, garantissant un transfert sécurisé des données médicales en temps réel.

Les urgences comme premier laboratoire de réussite

Le processus de modernisation a débuté par une première phase axée sur la numérisation des services d’urgences. Ce déploiement initial a permis d’optimiser l’accueil des patients grâce à des systèmes de file d’attente électroniques et à un outil d’orientation médicale.

Les données récoltées lors de cette phase préliminaire ont d’ailleurs révélé une réalité cruciale : une part significative des usagers se rendant aux urgences ne nécessitait pas de soins critiques.

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Ces cas auraient pu être pris en charge de manière adéquate au niveau des structures de santé de proximité (polycliniques), soulignant l’importance d’un meilleur adressage des patients rendu possible par les nouveaux outils numériques.

Une intégration biométrique directe avec l’état civil

L’identification du patient devient instantanée grâce à une connexion directe entre les serveurs des hôpitaux et l’état civil. Il suffit désormais de présenter sa carte d’identité biométrique.

Ce système génère un dossier médical national unique, basé sur l’identifiant national. Il regroupe l’historique complet des soins médicaux et paramédicaux. Accessible en temps réel par les professionnels de santé sur tout le territoire, il libère définitivement les patients du dossier papier.

M. Massaoudi précise que le déploiement débutera d’ici trois mois dans toutes les wilayas. Dans un premier temps, le ministère de la Santé misera sur la formation intensive du personnel soignant pour assurer une transition fluide et une maîtrise parfaite de la plateforme.

Enrichissement de l’offre citoyenne : 12 nouveaux services en ligne

Parallèlement, le ministère prépare l’intégration de plus d’une douzaine de nouveaux services sur le portail national des services numériques.

Parmi ces nouveautés, un outil de géolocalisation permettra de trouver les structures de santé proches et de connaître leurs spécialités. Un espace sera aussi dédié aux réclamations des usagers, aux côtés d’une plateforme d’inscription pour les concours de recrutement.

En parallèle, de nouveaux espaces numériques vont recenser les professionnels de santé sans emploi (infirmiers, médecins, pharmaciens et dentistes).

Le but est de les affecter stratégiquement selon les besoins du terrain et les postes budgétaires vacants. De son côté, la diaspora algérienne aura accès à sa propre plateforme pour soumettre ses projets et partager son expertise avec le ministère.

Face aux risques, M. Massaoudi appelle toutefois à la plus grande vigilance. De nombreuses applications de santé non officielles circulent et menacent la confidentialité de ces données très sensibles.

Pour y faire face, le ministère développe sa propre application sécurisée. Elle permettra à chaque citoyen de consulter son dossier, ses analyses et de profiter de services officiels certifiés.

Gestion optimisée des stocks et coopération africaine

La transition numérique touche aussi la logistique. Des plateformes dédiées assurent désormais le suivi en temps réel des stocks de médicaments. Elles gèrent aussi la maintenance des équipements médicaux à l’échelle nationale. L’objectif est de signaler instantanément la moindre rupture de stock ou panne matérielle.

Pour réagir au plus vite à ces alertes, un dispositif de coordination unique a été mis en place. Il connecte directement les ministères de la Santé, des Finances, de l’Industrie pharmaceutique, de l’Intérieur et de la Sécurité sociale.

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Enfin, conformément aux orientations du président de la République, le ministère de la Santé renforce sa coopération avec l’Afrique.

Des partenariats ont ainsi été lancés avec des pays frères, notamment le Tchad et le Niger. Ces accords prévoient de partager l’expertise algérienne dans la santé et le numérique. Cela se traduira concrètement par des visites croisées de délégations médicales et paramédicales.